Menelik cherche des entreprises pour gérer et restaurer les ripisylves, ces bandes de végétation qui bordent les cours d’eau. L’avis, publié le 26 juin, concerne les rivières de l’Arc, de la Cadière, de la Touloubre et du pourtour de l’étang de Berre, avec une date limite de candidature fixée au 30 juillet 2026.
La commande porte sur une politique de bords de rivière, de branches à couper ou à laisser, d’arbres à surveiller, de berges à tenir. Dans une partie des Bouches-du-Rhône où les cours d’eau croisent routes, lotissements, zones d’activité, champs, ponts, buses et passerelles, cette végétation devient une petite infrastructure naturelle.
Le marché est découpé en cinq lots. Trois suivent les bassins : environ 505 km de cours d’eau pour l’Arc et ses affluents jusqu’à la Luynes incluse, 249 km pour la Cadière, certains affluents et des cours d’eau liés à Berre, Bolmon et Caronte, puis 336 km pour la Touloubre et d’autres secteurs proches. Deux lots couvrent l’ensemble du territoire Menelik, soit environ 1 090 km de cours d’eau : le génie végétal et les platanes chancrés. L’avis accessible ne donne pas de montant exploitable ni de durée de marché.
Entretenir une rivière ne veut pas dire la raser proprement. Menelik décrit une gestion par secteurs sensibles, surtout là où le risque d’inondation est plus fort ou lorsque la ripisylve est dégradée. Les interventions sont planifiées avec une rotation moyenne de cinq ans, principalement entre octobre et mars, hors période de nidification. Les embâcles ne sont pas tous retirés. Ils peuvent appartenir à la vie du cours d’eau, sauf lorsqu’ils menacent de former un bouchon sous un pont ou une passerelle.
La règle de propriété complique vite le paysage. Le long des cours d’eau non domaniaux, les propriétaires riverains restent responsables de l’entretien régulier de leurs berges. Mais l’eau ne connaît ni clôture ni limite cadastrale. Quand une berge s’affaisse, qu’un amas de bois bloque un ouvrage, qu’une maladie se propage d’arbre en arbre ou que la crue menace plus bas, le problème devient collectif. Menelik intervient alors au titre de l’intérêt général, dans le cadre de la GEMAPI, compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.
Depuis 2022, l’établissement public a repris et élargi l’héritage du SABA. Il agit aujourd’hui sur 1 200 km de rivières et ruisseaux, dans 57 communes des Bouches-du-Rhône et du Var, sous mandat de la Métropole Aix-Marseille-Provence et de l’Agglomération Provence Verte. La rivière se gère donc par bassin versant, pas par commune. Moins lisible qu’une compétence municipale, mais beaucoup plus logique pour l’eau.
Le lot consacré aux platanes chancrés donne au marché sa part la plus concrète. Sur l’Arc, Menelik a déjà mené une opération de coupe sanitaire après l’identification de 170 platanes malades à Aix-en-Provence et Ventabren. Le chancre coloré est une maladie incurable du platane, encadrée par une lutte nationale obligatoire. Protéger une ripisylve peut donc passer par des abattages, de la désinfection, puis des replantations plus diverses.
Ce marché ne promet pas une rivière neuve. Il achète de la capacité d’intervention, de la surveillance et du geste technique, au bon endroit et au bon moment. Sur l’Arc, la Cadière, la Touloubre et les petits cours d’eau autour de Berre, la prévention commence souvent dans l’épaisseur d’une berge.
Sources consultées
- Pros Martigues / BOAMP mirrorGestion et restauration des ripisylves de Menelik
- MenelikCampagnes annuelles de gestion de la ripisylve
- MenelikDes rivières à préserver, une équipe engagée
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceLa GEMAPI pour quoi faire
- LégifranceCode de l’environnement, article L215-14
- MenelikSauvetage des platanes chancrés de l’Arc