Sur le marché de Port-Saint-Louis-du-Rhône, mercredi 1er juillet, le port de Marseille Fos viendra parler de Graveleau. Pas seulement d’un quai, ni seulement d’entrepôts : de la façon dont tout un morceau de la zone industrialo-portuaire doit organiser la croissance des conteneurs.
Cette rencontre ouvre une séquence publique concrète de la concertation continue lancée après le débat public Fos-Berre-Provence. Elle sera suivie, le 8 juillet, d’une visite guidée du pôle logistique et conteneurs de Graveleau, consacrée à Fos 3XL, à l’extension de Distriport et à la Zone de services portuaires n°2. Les habitants peuvent consulter les prochains rendez-vous de la concertation continue.
Le changement de méthode compte autant que le calendrier. Marseille Fos ne met plus seulement en avant des projets séparés. Il les place dans une même conversation, avec des garants désignés par la CNDP, parce que les effets se cumulent sur le terrain : un terminal agrandi appelle des terre-pleins, des zones de stockage, des accès routiers, des cours ferroviaires, des services aux conteneurs vides et des surfaces à préserver.
Fos 3XL donne l’échelle. Le projet prévoit 450 mètres de quai supplémentaires sur la berge ouest de la Darse 2, 21 hectares de terre-pleins, du dragage et une hausse d’environ 15 % de la capacité des terminaux à conteneurs. Le démarrage des travaux est envisagé en 2028, avec une mise en service progressive à partir de 2031.
Autour de ce quai, d’autres aménagements s’ajoutent. Distriport doit ajouter 126,5 hectares à proximité des terminaux, dont 75 hectares pour des entrepôts, jusqu’à 375 000 m² de bâti, une cour ferroviaire mutualisée, des espaces communs et 29 hectares de zones naturelles sanctuarisées. ZSP2 vise environ 45 hectares pour traiter, stocker, réparer et faire tourner les conteneurs vides, alors que la première zone de services portuaires est annoncée comme saturée. Feuillane Nord ajoute encore 52 hectares aménageables pour la logistique.
À cette échelle, le port n’est pas seulement une infrastructure maritime. C’est un système de flux qui touche les routes, le rail, les entreprises, les salariés, les transporteurs, les riverains et les zones naturelles de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Le projet stratégique 2025-2029 du Port annonce plus d’un milliard d’euros d’investissements sur cinq ans, mais les coûts détaillés de chaque opération ne sont pas présentés de façon homogène dans les pages de concertation.
L’intérêt de la concertation commune est là. Elle ne règle pas à elle seule les questions de trafic, de biodiversité, de foncier ou de confiance publique. Mais elle évite de faire comme si un quai, une zone d’entrepôts, une cour ferroviaire et une route pouvaient être discutés chacun dans leur coin.
Pour les habitants, le port ne se présente pas sous forme de fiches projet. Il se voit dans les camions sur la RD 268, les conteneurs à Graveleau, les emplois annoncés, les terrains qui changent d’usage et les espaces naturels qu’il faudra réellement préserver. C’est tout cela qui arrive maintenant sur le marché de Port-Saint-Louis, puis sur le site même de Graveleau.
Sources consultées
- Port de Marseille FosOuverture d’une nouvelle phase de dialogue sur les projets portuaires
- Port de Marseille FosLes rendez-vous de la concertation continue
- CNDP« Fos-Berre Provence, un avenir industriel en débat » : l’avis de la CNDP sur la réponse des maîtres d’ouvrage
- Port de Marseille FosProjet Fos 3XL
- Port de Marseille FosProjet d’extension de la zone logistique de Distriport
- Port de Marseille FosProjet de Zone de Services Portuaires 2 | ZSP 2