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À Marseille, l’habitat indigne se combat aussi par le diagnostic

La Ville relance des diagnostics et contrôles liés au saturnisme et à l’insalubrité, maillon discret mais décisif de l’habitat indigne.

Illustration - diagnostic d’un logement dégradé

Quand un logement marseillais est suspecté de mettre ses occupants en danger, l’action publique ne commence pas toujours par des travaux. Elle commence souvent par une visite, un appareil de mesure, un rapport, puis un contrôle. C’est ce maillon discret que la Ville de Marseille relance avec des diagnostics et contrôles liés aux mesures d’urgence contre le saturnisme et à la lutte contre l’insalubrité.

La consultation, référencée 26_0922, porte sur un marché de services. L’avis initial a été publié fin mai, puis rectifié le 22 juin pour prolonger le délai de remise des offres, désormais fixé au 6 juillet 2026 à 16 heures. Le marché est prévu pour douze mois à compter de sa notification. Le montant précis n’est pas publié dans les informations consultées.

Le sujet paraît technique. Il ne l’est qu’en surface. Dans un logement où des peintures anciennes s’écaillent, où l’humidité attaque les murs, où un enfant peut être exposé au plomb, les pouvoirs publics doivent pouvoir passer d’un soupçon à un rapport exploitable. Sans diagnostic, il y a peut-être danger. Avec un diagnostic, le préfet peut prescrire des mesures d’urgence contre le saturnisme infantile, et le propriétaire peut être contraint d’agir.

Le seuil donne la mesure du basculement. Lorsque la concentration en plomb dépasse 1 mg/cm² dans des revêtements dégradés, le propriétaire peut recevoir l’obligation de réaliser des travaux. Ces travaux peuvent aller jusqu’au recouvrement des peintures concernées, au remplacement d’éléments de construction ou à la suppression de causes immédiates de dégradation, comme une fuite. Le contrôle derrière sert à vérifier que le risque a bien été traité, pas seulement promis.

À Marseille, cette mécanique compte d’autant plus que la ville travaille sur un stock d’habitat ancien et dégradé. La municipalité dit réaliser environ 2 300 interventions de contrôle par an après signalement, soit autour de 200 par mois. Elle indique aussi avoir conclu avec l’État une convention lui déléguant la préparation et l’exécution des arrêtés d’insalubrité. La commune n’est donc pas seulement un guichet : elle prend une part directe dans la procédure qui peut mener d’un signalement à un arrêté, puis à des travaux ou à des sanctions.

Ce nouveau marché prolonge sans la répéter la question déjà abordée en mai par La Clé Publique dans « À Marseille, le plomb se mesure avant de réparer ». Le précédent sujet portait sur les diagnostics plomb dans les logements, locaux assimilés et parties communes. Celui-ci ajoute plus nettement le registre de l’urgence sanitaire et de l’insalubrité : il ne s’agit pas seulement de repérer le plomb, mais de tenir la chaîne qui permet de prescrire, vérifier et faire durer la réponse publique.

Pour les habitants, la première porte d’entrée reste le signalement. La Ville demande de solliciter d’abord le propriétaire, le bailleur ou le syndic, sauf urgence extrême. Si le problème persiste, les locataires peuvent signaler un logement en mauvais état, insalubre ou indécent sur Signal Logement.

Le marché ne dit pas combien de logements seront diagnostiqués ou contrôlés. Cette absence limite ce que l’on peut mesurer. Mais elle ne vide pas le sujet : à Marseille, la lutte contre l’habitat indigne dépend aussi de cette capacité continue à entrer, mesurer, constater et revenir vérifier, appartement par appartement, cage d’escalier par cage d’escalier.

Sources consultées
  1. Profil d’acheteur de la Ville de MarseilleDiagnostics et contrôles dans le cadre des mesures d'urgence contre le saturnisme et la lutte contre l’insalubrité
  2. Ville de MarseilleÉradication de l’habitat indigne
  3. ARS Provence-Alpes-Côte d’AzurHabitat indigne et insalubre
  4. Service-Public.frHabitat contenant du plomb
  5. Signal LogementSignaler un logement en mauvais état, insalubre ou indécent