Le Grand Port maritime de Marseille lance les travaux du raccordement électrique des navires de croisière aux quais du J4, près de la gare maritime de la Major. Le marché est estimé à 8,3 millions d’euros hors taxes. Les entreprises ont jusqu’au 17 juillet 2026 pour remettre leur offre.
Ce nouvel appel d’offres ne répète pas l’inauguration d’avril, lorsque Marseille-Fos a présenté ses installations capables de brancher trois grands paquebots en même temps. La Clé Publique avait alors expliqué ce que l’électrification du port pouvait changer pour les croisières à Marseille. Le J4 ajoute une pièce plus localisée : les postes 93 et 94, côté Bassins Est, dans cette zone où le port touche directement la ville.
Le dossier rappelle une chose simple : brancher un navire de croisière ne consiste pas à poser une grosse prise sur le quai. Le marché prévoit des équipements électriques dans la gare maritime de la Major, des câbles et tranchées vers les postes à quai, puis des machines mobiles de connexion pour faire l’interface avec les navires. La date de démarrage indiquée, le 1er octobre 2026, reste indicative ; la durée estimée est de quatorze mois.
L’intérêt est dans le fonctionnement quotidien du port. Un paquebot arrêté continue d’avoir besoin d’électricité pour la climatisation, l’éclairage, les cuisines, les pompes, les ascenseurs et toute la vie à bord. Sans branchement à terre, cette énergie vient de ses moteurs ou de groupes auxiliaires. Avec la connexion électrique des navires à quai, le navire peut couper ses moteurs pendant l’escale et utiliser l’alimentation du port, ce qui réduit les émissions directes, les fumées et le bruit au bord des quais.
Le J4 entre dans la deuxième phase du programme CENAQ, prévue de 2025 à 2029. Cette phase est évaluée à 115,3 millions d’euros par Marseille-Fos et doit équiper plusieurs trafics : croisière, conteneurs, roulier, réparation navale. Le programme complet dépasse 200 millions d’euros. À l’horizon 2030, Marseille-Fos affiche 30 postes à quai équipés dans les Bassins Est, capables de couvrir près de 90 % des escales touchant ces bassins, dès lors que les navires sont connectables et équipés.
La contrainte n’est pas seulement marseillaise. Marseille-Fos est le seul port de la façade méditerranéenne française inscrit dans le réseau central européen RTE-T. Les ports de ce réseau doivent fournir, d’ici 2030, des infrastructures couvrant 90 % de la demande pour les navires de croisière, porte-conteneurs et ferries ro-pax concernés. Côté navires, FuelEU Maritime impose à partir du 1er janvier 2030 l’utilisation du branchement à quai ou d’une technologie zéro émission pour les porte-conteneurs et navires à passagers dans les ports visés par AFIR, avec des exceptions prévues.
Ce chantier ne règle pas le débat sur la place de la croisière à Marseille. Il traite une partie précise du problème : ce qui sort des cheminées quand un navire est déjà à quai. Sa portée est limitée, mais concrète. Au J4, la transition portuaire va prendre la forme de tranchées, de câbles, d’équipements électriques et de machines mobiles entre la Major et les postes 93 et 94.