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À Aix, une salle pour apprendre la mer sans embarquer

Aix-Marseille Université veut équiper une salle immersive et de téléscience pour former aux missions marines rares, coûteuses et difficiles à partager.

Illustration - salle immersive marine

Aix-Marseille Université veut équiper à Aix-en-Provence une salle pédagogique immersive pour l’Institut des sciences de l’océan. Le marché public, estimé à 166 800 euros hors taxes toutes tranches comprises, vise un espace capable d’accueillir des cours, démonstrations et collaborations en présentiel comme à distance, avec affichage grand format, visualisation 3D, réalité virtuelle, visioconférence et interaction en temps réel.

L’intérêt du projet tient moins à l’effet visuel de l’immersion qu’à une contrainte très simple : la mer est un mauvais amphithéâtre. Une mission océanographique, une opération archéologique sous-marine ou un essai sur une plateforme en mer ne se répètent pas à volonté. Il faut un bateau, des équipements, une fenêtre météo, des équipes, parfois des robots, et peu d’étudiants peuvent vivre ces situations directement.

La salle doit servir à transformer une partie de cette expérience rare en outil de formation collectif. Dans les documents du projet IMMERSION, porté par les instituts OCÉAN et ARKAIA d’AMU, la téléscience désigne la participation à distance, depuis la terre, à une mission en mer, par l’observation et la télé-opération d’équipements autonomes. La réalité virtuelle doit, elle, permettre de travailler sur des environnements marins reconstitués en 3D : terrains sous-marins, données optiques, acoustiques ou sismiques, espèces, masses d’eau, équipements marins, sites archéologiques subaquatiques.

On voit alors ce que l’innovation change réellement. Il ne s’agit pas seulement de mieux illustrer un cours, mais de faire pratiquer autrement la lecture d’un milieu difficile : comprendre un relief sous-marin, suivre une opération à distance, comparer des données, préparer un geste technique, regarder une épave ou une installation offshore comme un objet scientifique plutôt que comme une image.

Le projet IMMERSION a reçu un financement A*Midex de 140 000 euros. Le nouvel avis de marché marque le passage à l’achat de l’équipement : conception, fourniture, intégration, installation, mise en service, formation des utilisateurs, maintenance possible et stations de travail en option. Les offres sont attendues jusqu’au 23 juillet 2026.

La salle est prévue au bâtiment Beltram de l’OSU Pythéas, sur le Technopôle de l’Arbois-Méditerranée, et doit être connectée à la station d’expérimentation de l’Ifremer à La Seyne-sur-Mer. Ce lien compte : l’Ifremer y a inauguré en 2025 une halle numérique et immersive permettant notamment de suivre à terre les plongées de robots télé-opérés et de travailler sur les télé-opérations marines ou les jumeaux numériques.

Le parallèle avec les simulateurs XR déjà observés dans les lycées professionnels de l’académie est utile, mais la finalité est différente. Ici, l’immersion ne sert pas à mimer un atelier ou un poste de travail. Elle sert à ouvrir un terrain scientifique qui, par nature, se trouve loin de la salle de cours.

La réussite se jugera donc moins à la beauté des images qu’à la qualité des scénarios pédagogiques et des connexions techniques. Pour AMU, l’achat dit déjà quelque chose d’assez précis : dans les Bouches-du-Rhône, la formation aux sciences de la mer passe aussi par des salles capables de recevoir les données, les voix et les gestes d’une mission menée ailleurs.

Sources consultées
  1. BOAMP / France MarchésAvis de marché n° 26-60813, “Conception et fourniture des équipements pour la création d’une salle pédagogique immersive et de téléscience destinée à l’Institut des Sciences de l’Océan”
  2. Institut des sciences de l’océan, Aix-Marseille UniversitéFiche de poste “Ingénieur d’études, projet IMMERSION”
  3. A*Midex, Aix-Marseille UniversitéRapport d’activité 2024 & perspectives 2025
  4. Ville de La Seyne-sur-MerL’Ifremer inaugure une halle numérique et immersive