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À Aix-Marseille-Provence, les transports rouvrent la question de l’argent versé aux communes

Le préfet a arrêté le budget 2026 de la Métropole sans hausse d’impôts, en réduisant de 53 M€ les attributions de compensation aux communes.

Illustration budget métropolitain

Le budget 2026 d’Aix-Marseille-Provence est désormais arrêté. Mardi 16 juin, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a rendu exécutoire le budget de la Métropole, après le refus des élus de l’examiner fin avril.

Après le budget bloqué, l’affaire se déplace désormais vers les relations financières entre la Métropole et ses 92 communes. Pour équilibrer les comptes, le préfet n’a pas retenu la coupe la plus marquante proposée par la Chambre régionale des comptes: ramener la dotation de solidarité communautaire de 66 millions à 13,3 millions d’euros, ce qui aurait surtout touché Marseille. Il maintient cette dotation à 66 millions d’euros, sans hausse d’impôts, mais réduit de 53 millions d’euros les attributions de compensation versées aux communes.

Le choix n’a pas le même effet politique. La dotation de solidarité communautaire sert à réduire les écarts de ressources et de charges entre communes. Les attributions de compensation, elles, viennent d’une autre logique: neutraliser les transferts de compétences entre les communes et l’intercommunalité. En principe, elles compensent ce qu’une commune a perdu ou transféré. En pratique, la Chambre régionale des comptes estime qu’une part importante de ces versements dépasse cette stricte neutralité: 178,47 millions d’euros, notamment au bénéfice de Martigues, Aix-en-Provence, Istres, Fos-sur-Mer, Miramas, Marseille, Vitrolles et Salon-de-Provence.

La crise part pourtant d’un sujet plus visible pour les habitants: les transports. Le projet de budget non voté présentait un déséquilibre de 123 millions d’euros, concentré sur le budget annexe transports: 78 millions en exploitation et 45 millions pour couvrir la dette. La Chambre a ensuite porté le besoin à 144 millions d’euros.

La mécanique est connue, mais coûteuse. Une métropole peut inaugurer ou prolonger une ligne, moderniser un métro, améliorer l’offre de bus. Ensuite, il faut payer tous les ans les conducteurs, l’énergie, l’entretien, les amortissements et la dette. Or le versement mobilité est déjà au plafond légal, les recettes tarifaires progressent peu et les gratuités décidées pour les moins de 10 ans et les plus de 65 ans pèsent 10 millions d’euros en année pleine en 2026.

Aix-Marseille-Provence n’est donc pas seulement une institution politique. C’est un budget principal et treize budgets annexes, pour environ 5 milliards d’euros, où les transports, les déchets, l’eau, l’assainissement ou les ports ont chacun leur logique financière. Quand un service commun se déséquilibre, la question revient vite à la même table: faut-il augmenter les recettes, réduire l’offre, couper dans les dépenses, ou revoir ce qui est reversé aux communes?

L’arrêté préfectoral règle l’année 2026, mais il ne règle pas le pacte métropolitain. La répartition exacte de la baisse de 53 millions d’euros entre communes reste à préciser. Les élus retrouvent la main budgétaire; ils devront désormais décider comment cette facture sera absorbée commune par commune.

Sources consultées
  1. Préfecture des Bouches-du-RhôneBudget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence
  2. Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’AzurAvis n° 2026-04, Métropole Aix-Marseille-Provence
  3. MaritimaMétropole Aix-Marseille-Provence : le Préfet arrête le budget 2026 (sans hausse d’impôts)
  4. Le MondeLe préfet des Bouches-du-Rhône impose à la Métropole Aix-Marseille-Provence de couper 53 millions d’euros dans les aides aux communes