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À Marseille, les couches des crèches passent aussi par la commande publique

Marseille cherche un fournisseur de couches jetables pour ses crèches, avec des exigences sanitaires précises et une logistique à organiser dans toute la ville.

Couches livrées en crèche

Marseille prépare un nouveau marché pour fournir les couches jetables de ses crèches municipales. Le sujet tient dans un carton de livraison, mais il touche à un geste répété toute la journée : changer un enfant, au plus près de sa peau, dans un service public où rien ne fonctionne sans intendance.

La consultation porte sur des “changes jetables respectueux de la santé des enfants accueillis dans les crèches municipales”. Les entreprises peuvent répondre à la consultation jusqu’au 16 juillet 2026 à 12 h, via le portail des marchés publics de la Ville. Le marché est divisé en deux zones : le nord de Marseille, avec les 2e, 3e, 4e, 5e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements ; le sud, avec les 1er, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, 11e et 12e.

La taille du contrat donne la mesure du besoin. Le lot Nord prévoit entre 40 000 et 250 000 euros hors taxes par an. Le lot Sud, entre 60 000 et 250 000 euros. Le marché dure un an, reconductible trois fois : le plafond théorique atteint donc 2 millions d’euros hors taxes sur quatre ans, si les deux lots vont jusqu’au maximum.

Ce n’est pas un simple achat de consommables. La Ville indique accueillir les tout-petits dans 58 crèches municipales. Les documents du marché demandent des commandes tous les quinze jours, des livraisons complètes dans chaque structure, un stock de sécurité à la direction de la petite enfance, des livraisons urgentes possibles en quarante-huit heures et des colis déposés à l’intérieur de la crèche, en présence d’un agent. La couche devient alors un petit objet de logistique urbaine : tailles à suivre, quantités à ajuster, lieux à livrer, références à contrôler.

Les exigences sanitaires sont inscrites dans la notation des offres. Quinze points sont prévus pour la qualité des produits, la prise en compte de la santé des enfants, les composants et les labels. La Ville demande aussi des rapports toxicologiques de moins d’un an réalisés par un laboratoire indépendant accrédité Cofrac, ainsi que des tests dermatologiques sur peau sensible. Des échantillons seront essayés en crèche pour juger l’absorption, l’étanchéité, le confort et la praticité.

Ce choix s’inscrit dans une vigilance plus large. L’Anses avait alerté en 2019 sur des substances chimiques détectées dans certaines couches jetables. La DGCCRF a ensuite constaté une amélioration des produits contrôlés, sans dépassement des seuils sanitaires dans ses enquêtes ultérieures. À Marseille, une action engagée dès 2019 sur les perturbateurs endocriniens dans les crèches mentionnait déjà les couches parmi les objets à surveiller.

La limite du marché est claire : Marseille reste dans le jetable. Aucune variante n’est autorisée. La Ville cherche donc à mieux encadrer ce qu’elle achète, pas à changer de modèle de change. Même la démarche environnementale est surtout notée à travers la logistique, les tournées, les émissions des véhicules, le processus de fabrication et les emballages.

C’est une décision modeste, mais parlante. Dans une crèche municipale, la santé publique n’arrive pas seulement par des règlements ou des chartes. Elle passe aussi par un bon de commande, une tournée de livraison, un agent qui vérifie les colis et une couche choisie pour être utilisée, plusieurs fois par jour, dans chaque établissement.

Sources consultées
  1. Ville de Marseille, portail des marchés publicsConsultation 26_0634, fourniture et livraison de changes jetables respectueux de la santé des enfants accueillis dans les crèches municipales
  2. Ville de Marseille, Règlement de consultationRèglement de Consultation, marché 26_0634
  3. Ville de Marseille, Cahier des clauses administratives particulièresCCAP, marché 26_0634
  4. AnsesL’Anses recommande d’améliorer la sécurité sanitaire des couches pour bébé
  5. DGCCRFSubstances chimiques dans les couches pour bébés : la dernière enquête de la DGCCRF confirme l’amélioration de la qualité des produits