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À Pierre-du-Lac, la Camargue organise un contre-courant vers le Vaccarès

Le SYMADREM prépare un by-pass gravitaire à Pierre-du-Lac pour faire entrer de l’eau douce du Rhône vers le Vaccarès.

Illustration - vanne vers le Vaccarès

À Pierre-du-Lac, à Arles, une station faite pour évacuer l’eau vers le Rhône doit aussi pouvoir servir dans l’autre sens. Le SYMADREM a remis en consultation une maîtrise d’œuvre pour créer un by-pass gravitaire destiné à amener de l’eau douce du Grand Rhône vers l’étang du Vaccarès.

Le projet tient à une bascule saisonnière. D’octobre à mars, pendant la période d’inactivité des pompes d’assainissement agricole, une prise d’eau vannée contournerait la station de Pierre-du-Lac. L’eau du Rhône entrerait alors par gravité dans le canal de la Grand Mar, circulerait à rebours des usages habituels vers l’égout de Roquemaure, puis rejoindrait le Vaccarès. D’avril à septembre, la prise serait fermée et les ouvrages retrouveraient leur rôle ordinaire d’évacuation des eaux agricoles et pluviales.

Ce contre-sens organisé répond à un problème très concret: le Vaccarès manque d’apports d’eau douce pour contenir la salinité dans les plages visées par le plan de gestion de la Réserve naturelle nationale de Camargue. La convention de partenariat évoque un besoin supplémentaire d’environ 20 millions de m³ d’eau douce par an. L’étude citée dans ce cadre estime que la solution Pierre-du-Lac pourrait apporter entre 20 et 50 millions de m³ annuels au système Vaccarès, en complément des autres actions prévues autour des étangs.

La force du projet tient à son pragmatisme. La Camargue ne manque pas d’ouvrages hydrauliques, mais ils ont été pensés pour plusieurs contraintes qui ne vont pas toujours dans le même sens: évacuer l’eau après les crues, permettre l’assainissement agricole, préserver les zones humides, maintenir la salinité dans les plages prévues, rouvrir des échanges avec la mer par le pertuis de la Fourcade. Ici, l’adaptation consiste à utiliser une fenêtre saisonnière, une pente disponible et des canaux déjà là.

L’idée n’est pas sortie d’un schéma abstrait. Le SYMADREM raconte qu’une erreur de manipulation à Pierre-du-Lac a un jour activé la station dans le mauvais sens: au lieu de renvoyer l’eau vers le Rhône, elle a fait entrer l’eau du fleuve dans les canaux voisins. L’incident a montré une possibilité. Le marché actuel vise à l’encadrer proprement, avec le by-pass au droit de la station, la rénovation des vannes côté Rhône, le remplacement ou la rénovation de l’ouvrage vanné de Roquemaure, un verrou hydraulique et la reprise de deux franchissements de canal.

Le financement prévu pour les actions Pierre-du-Lac et Roquemaure repose, dans la convention, sur le Fonds vert à 60 %, le Département des Bouches-du-Rhône à 30 % et la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette à 10 %. Le coût précis des travaux n’est pas publié dans les documents consultés. Le SYMADREM indique que les adaptations de Pierre-du-Lac pourraient débuter en 2027, sous réserve des financements et autorisations.

Cette petite prise d’eau dit beaucoup du delta. En Camargue, l’adaptation ne passe pas toujours par plus de béton ou plus de puissance de pompage. Elle passe aussi par une vanne ouverte au bon moment, un canal utilisé à rebours quand les conditions hydrauliques le permettent et un peu d’eau douce rendue au Vaccarès depuis Pierre-du-Lac.

Sources consultées
  1. Marchés OnlineMaîtrise d’œuvre relative à la création du by-pass gravitaire à la station Pierre du Lac pour l’amenée d’eau douce au Vaccarès
  2. SYMADREMUne solution simple et robuste pour augmenter les entrées d’eau dans le Vaccarès
  3. Département des Bouches-du-RhôneRessuyage de la Camargue insulaire et apport d’eau douce dans le système Vaccarès, convention cadre
  4. Eaufrance Rhône-Méditerranée / SNPNHydrodynamique dans le système Vaccarès
  5. DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur / SNPNPlan de gestion 2023-2027 de la Réserve naturelle nationale de Camargue