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À Arles, 1,8 km de route pour sortir le transit des quartiers sud

La liaison RD35-RN113 avance avec un marché estimé à 9,56 M€ HT, entre canaux, sols bas, quartiers sud et accès à la RN113.

Route et canaux à Arles

À Arles, la future liaison entre la RD35 et la RN113 tient sur moins de deux kilomètres. Le Département des Bouches-du-Rhône a pourtant lancé un marché dont la valeur estimée atteint 9,56 millions d’euros hors taxes pour ses premiers lots d’infrastructure: terrassements, bassins, ouvrages hydrauliques et deux ponts.

Le tracé doit relier le giratoire Saint-Simon, au sud, au giratoire de Fourchon, sur la RN113. La voie prévue mesure 1 815 mètres, avec deux voies de 3,20 mètres et une vitesse de conception de 70 km/h. Le calendrier contractuel prévoit quatre mois de préparation, puis jusqu’à quarante et un mois d’exécution pour le lot le plus long, sans que cela signifie nécessairement quatre années de travaux visibles en continu.

Sur le papier, il s’agit de raccorder plus directement la RD35, route d’accès vers Port-Saint-Louis-du-Rhône, à la voie rapide RN113. Dans la pratique, le projet cherche surtout à éviter qu’une partie des circulations passe encore par les quartiers sud d’Arles, via l’avenue Sadi-Carnot et le boulevard Georges-Clemenceau, avec leurs carrefours à feux et leur caractère urbain marqué. Barriol et Plan-du-Bourg n’ont pas vocation à servir de bretelles d’échangeur. C’est toute la logique locale du projet.

La difficulté vient du terrain. Entre Saint-Simon et Fourchon, la route doit franchir trois canaux avec deux ouvrages d’art: le canal d’Arles à Port-de-Bouc et le Vigueirat d’un côté, le canal de la Vallée des Baux de l’autre. Le CCTP ajoute les drains verticaux, le préchargement des remblais, les bassins d’assainissement et les traversées hydrauliques, car l’infrastructure se situe en zone inondable. À Arles, une route ne se dessine jamais loin de l’eau.

Le projet traîne aussi une longue mémoire administrative. Les deux giratoires de raccordement appartenaient déjà au projet soumis à enquête publique en 1993. Celui de Fourchon a été réalisé en 1999, celui de Saint-Simon en 2004, avec des amorces de branches laissées en attente. Plus de vingt ans plus tard, le chaînon manquant revient avec des règles plus exigeantes: espèces protégées, chiroptères, éclairage limité, écrans sur ouvrages d’art, suivi écologique, réduction des emprises.

Ce n’est pas le grand contournement autoroutier d’Arles, dont l’enquête publique s’est tenue de novembre 2025 à janvier 2026. Mais les deux dossiers se parlent. Le contournement traite la grande coupure de la RN113 et les flux régionaux. La liaison sud-est règle une couture plus proche: comment rejoindre la RN113 sans faire jouer aux quartiers sud un rôle de tuyau routier.

Le coût complet de l’opération et la date de mise en service ne sont pas encore lisibles dans les pièces consultées, d’autant que certains travaux de chaussée, d’équipements et de signalisation relèveront d’un DCE ultérieur. Pour l’instant, le morceau qui avance est le plus matériel: les sols, l’eau, les ponts et les bassins, entre Saint-Simon et Fourchon.

Sources consultées
  1. Département des Bouches-du-Rhône, profil acheteurRD35 RN113 Liaison Sud Est d’Arles, marché de travaux d’infrastructure
  2. DCE du Département des Bouches-du-RhôneCCTP, fascicule A, RD35-RN113 Liaison sud-est d’Arles
  3. DREAL PACADossier de demande de dérogation pour destruction d’espèces protégées, RD35-RN113 Liaison sud-est d’Arles
  4. Préfecture des Bouches-du-RhôneContournement autoroutier d’Arles: prolongation de l’enquête publique jusqu’au 2 janvier 2026