Dans les bassins ouest de Marseille-Fos, l’éolien flottant commence par un coordonnateur sécurité. Le Grand Port maritime de Marseille-Fos cherche une mission SPS de niveau I pour FOS4XL et le projet DEOS. Derrière cette ligne de marché public, il y a une réalité très matérielle : avant de produire de l’électricité au large, il faut organiser un chantier à terre.
Ce nouvel avis arrive après la consultation lancée en mai pour attribuer une occupation du domaine portuaire sur le môle central de la darse 2, à Port-Saint-Louis-du-Rhône. La Clé Publique avait alors raconté comment l’éolien en mer cherchait trente hectares de port à Fos. Le périmètre mis en publicité couvre au maximum 30 hectares de terre-pleins adossés à 400 mètres de quai utile, ainsi qu’une emprise nautique de 31 hectares.
La mission SPS ne décide pas l’avenir industriel du site. Elle dit autre chose : le port prépare une opération où plusieurs entreprises devront travailler dans un même espace, avec des terrassements, des accès, des engins, du levage, du stockage, des circulations et des interfaces de quai. Dans un chantier de ce type, la sécurité n’est pas un supplément. Elle fait partie de l’organisation même des travaux.
DEOS a aussi changé d’échelle et de forme. Le projet initial portait une ambition plus intégrée de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes sur la zone industrialo-portuaire de Fos. Depuis fin 2025, il a été révisé après la confirmation de contraintes de hauteur liées aux zones de survol de la base aérienne d’Istres. La version désormais présentée concentre Fos sur la construction des flotteurs. Ces flotteurs seraient ensuite envoyés vers un port intégrateur, « à l’image de Port-la-Nouvelle », où les éoliennes seraient assemblées.
Le compromis est concret. Fos garde une fonction industrielle lourde, mais dans une chaîne plus distribuée : ici les flotteurs, ailleurs l’assemblage complet des machines. Les chiffres donnent la taille du pari : 42,5 hectares terrestres utilisés dans la version en cours, dont 30 hectares pour l’usine à flotteurs et 12,5 hectares pour le stockage de matériaux, 31 hectares de stockage à flot, environ 15 flotteurs produits par an, 400 mètres de quais utiles, 303 millions d’euros d’investissement estimé. Le calendrier actuel vise un dépôt de dossier d’autorisation environnementale à l’automne 2026, une enquête publique début 2027, une décision finale d’investissement mi-2027, des travaux en 2028 et des premières livraisons d’infrastructures dès le début de 2030.
L’éolien flottant méditerranéen ne se joue pas seulement sur une carte marine. Il dépend de ports capables d’accueillir des pièces immenses, de les stocker, de les déplacer, de les mettre à l’eau, puis de recommencer à cadence industrielle. La Méditerranée impose le flottant parce que les fonds deviennent vite profonds ; le port, lui, impose ses propres limites : place disponible, longueur de quai, plan d’eau, voisinages industriels, règles aériennes.
À Fos, l’énergie en mer prend donc une forme très locale : une darse, un môle, des hectares de terre-plein et une base militaire assez proche pour modifier le dessin d’une usine. Le marché SPS est une pièce de préparation, petite en apparence, mais cohérente avec un projet qui entre dans la discipline du chantier, au bord de la darse 2.
Sources consultées
- BOAMPAvis n°26-57465, Grand Port Maritime de Marseille-Fos, mission de coordination SPS de niveau I pour FOS4XL, projet DEOS
- Marchés-publics.info / Grand Port maritime de Marseille-FosAppel à projets portant sur la mise à disposition d’espaces destinés au développement de l’éolien en mer
- Concertation DEOSLe projet avance
- Concertation DEOSLe projet en bref
- Concertation DEOSLe calendrier, le coût et le financement du projet
- Entreprendre Service PublicCoordination de sécurité et de protection de la santé pour un chantier de bâtiments ou de génie civil