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À Carry-le-Rouet, ce que révèle la rénovation d’une école des années 1970

Le groupe scolaire Simone-Thoulouze doit être rénové sur dix-huit mois, avec classes provisoires, cour plus fraîche et baisse attendue des consommations.

Cour d’école en rénovation

À Carry-le-Rouet, le groupe scolaire Simone-Thoulouze, chemin des Diligences, va être rénové en profondeur. Le budget 2026 de la commune inscrit 3,99 millions d’euros de dépenses d’équipement pour l’école, et le dossier de marché prévoit dix-huit mois de travaux à partir du 1er juin 2026.

L’opération concerne un équipement très ordinaire en apparence, donc précieux: 424 élèves, dont 264 en élémentaire et 160 en maternelle, répartis entre 18 classes. Le marché ne décrit pas un simple rafraîchissement. Il découpe le chantier en 11 lots, des réseaux aux espaces verts, de la menuiserie à l’énergie, de l’électricité au désamiantage, avec aussi des bâtiments modulaires. Autrement dit, il faut refaire l’école sans faire disparaître l’école.

C’est souvent la partie invisible de ces chantiers. Les enfants continuent d’arriver le matin, les enseignants doivent travailler, les familles gardent leurs horaires, le périscolaire ne peut pas être mis entre parenthèses pendant un an et demi. La commune prévoit ainsi 192 000 euros de location de bâtiments modulaires. Elle inscrit aussi 84 000 euros d’assurance dommage-ouvrage et 100 000 euros d’honoraires pour la recherche de financements. Avant même les murs rénovés, une école en chantier impose une petite logistique publique: abriter, assurer, phaser, financer.

Le bâtiment, construit au milieu des années 1970, porte aussi un sujet devenu très concret sur la Côte Bleue: comment adapter les écoles à des étés plus durs. La mairie prévoit une cour dite « Oasis », avec désimperméabilisation des sols, plus d’arbres et des îlots de fraîcheur. La formule renvoie à une réalité simple dans une cour méditerranéenne: moins de bitume brûlant, plus d’ombre, des sols qui respirent mieux.

Le volet énergétique suit la même logique. La Ville annonce une isolation en matériaux biosourcés, la suppression des chaudières fioul au profit d’une pompe à chaleur air-air, et vise 40 % d’économies d’énergie ainsi qu’une baisse de 50 % des émissions de CO2 la première année. Le permis de construire confirme une rénovation énergétique de l’ensemble de l’école, la désimperméabilisation des cours, la réfection des façades et la mise en conformité PMR. Le budget communal anticipe déjà une baisse de 50 000 euros des frais d’énergie selon une simulation du SMED.

Dans les Bouches-du-Rhône, Marseille concentre naturellement l’attention lorsqu’il s’agit d’écoles, avec ses opérations lourdes comme La Calade. Carry-le-Rouet montre la version plus ramassée du même problème public: une commune doit reprendre un bâtiment scolaire vieillissant, le rendre moins coûteux à chauffer ou rafraîchir, mieux adapté aux normes, plus vivable en cour de récréation, tout en maintenant la journée d’école.

L’intérêt du chantier tient à cette addition discrète. Simone-Thoulouze est désormais un lieu d’enseignement, un poste de dépense énergétique, un espace climatique, un chantier à phaser et un service à ne pas interrompre. Pendant dix-huit mois, cette équation se jouera très concrètement chemin des Diligences, entre les classes, les modules provisoires et la future cour plus fraîche.

Sources consultées
  1. BOAMPAvis n° 26-55722, Travaux de rénovation du groupe scolaire Simone Thoulouze
  2. La Centrale des MarchésTravaux de rénovation du groupe scolaire Simone Thoulouze
  3. Ville de Carry-le-RouetOpération réhabilitation du groupe scolaire S. Thoulouze
  4. Ville de Carry-le-RouetRapport d’orientation budgétaire 2026
  5. Ville de Carry-le-RouetNote de synthèse BP 2026
  6. Ville de Carry-le-RouetPermis de construire PC 013 021 25 00019