Au dépôt La Rose Surface, dans le 13e arrondissement de Marseille, les bus de la RTM doivent bientôt stationner sous des ombrières photovoltaïques. L’avis d’attribution publié début juin acte quatre marchés de travaux, pour 6,36 millions d’euros, autour de la charpente, des voiries et réseaux, des panneaux photovoltaïques et des équipements associés.
Dans les documents de programme de la RTM, l’opération porte sur 13 500 m² d’ombrières au-dessus des zones de remisage. L’électricité produite doit être utilisée en autoconsommation pour les besoins du réseau RTM. L’avis d’attribution ne précise toutefois pas la puissance installée ni la production annuelle attendue, ce qui limite ce que l’on peut dire du rendement énergétique précis de l’opération.
Le solaire n’est qu’une partie de l’affaire. La Rose est l’un des lieux où l’électrification du bus marseillais devient matérielle. Un arrêté préfectoral d’avril 2025 encadre l’électrification du parking de remisage, avec des dispositifs de recharge pour 225 bus électriques équipés de batteries au lithium. Il mentionne deux postes HTA de 10 MW chacun, 114 chargeurs doubles de 200 kW, installés sur quatre quais de stationnement, et une puissance électrique cumulée de recharge de 20 000 kW.
À cette échelle, un dépôt n’est plus un simple garage. C’est un morceau discret du réseau de transport, mais aussi une installation électrique, un site de maintenance, un lieu de stockage de batteries et un espace de sécurité incendie. L’arrêté prévoit notamment des mesures sur l’accès des secours, les poteaux incendie, les batteries endommagées et une zone de quarantaine extérieure. Derrière le bus électrique qui circule en ville, il y a donc un site qui doit charger, surveiller, isoler, protéger et repartir chaque matin.
La RTM présente cette transformation comme une étape de son objectif de parc bus entièrement électrique d’ici 2030. Elle annonce aussi quatre dépôts marseillais adaptés aux nouvelles exigences énergétiques et 16 600 m² de panneaux photovoltaïques sur les dépôts à cet horizon. Après le parking communal solaire de Saint-Victoret, La Rose donne une déclinaison plus technique du même choix : produire sur des surfaces déjà artificialisées, mais cette fois au cœur d’un système de transport.
Le choix paraît cohérent. Les ombrières ne suffiront pas à elles seules à alimenter un dépôt de 20 MW de capacité de recharge, et les documents disponibles ne permettent pas de mesurer leur contribution exacte. Mais elles accompagnent une transformation plus profonde : l’arrière-scène du bus devient électrique. À La Rose, une partie du service de demain matin se préparera pendant la nuit, sur les quais de remisage.