Quand l’inquiétude ne ressemble pas encore à une urgence, beaucoup hésitent. Un parent âgé semble négligé. Une personne handicapée semble isolée ou dépendre d’un tiers qui inquiète. Une voisine isolée change brusquement d’état. On voit quelque chose, sans toujours savoir si l’on doit appeler les secours, parler à quelqu’un ou laisser une trace écrite.
Dans les Bouches-du-Rhône, la préfecture vient de remettre en avant deux outils : le 3133, numéro national contre les maltraitances envers les adultes vulnérables, et le formulaire en ligne « santé et social », destiné aux réclamations et signalements écrits. Le numéro n’est pas nouveau : La Clé Publique l’avait déjà expliqué dans l’Eure lors du remplacement du 3977. La nouveauté utile, ici, est surtout de savoir quand appeler et quand passer par l’écrit.
La règle pratique tient en trois situations.
S’il y a un danger grave et immédiat, il faut appeler les secours ou les forces de l’ordre : 15, 17, 18, 112, ou 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Si la situation inquiète sans urgence immédiate, le 3133 permet de parler à un écoutant formé. Le numéro est gratuit, ouvert tous les jours de 9 h à 20 h. Il peut être appelé par la personne concernée, un proche, un voisin, un aidant, un soignant, une aide à domicile ou tout témoin. Il sert aussi quand on doute : appeler ne veut pas dire accuser, mais peut aider à trouver le bon interlocuteur.
Si l’on veut laisser une trace écrite, ou agir en dehors des horaires du 3133, le formulaire national permet de faire une réclamation ou un signalement. Il peut concerner un hôpital, un EHPAD, un service d’aide à la personne, un professionnel, un intervenant, un proche ou une autre personne. Le formulaire demande de joindre seulement les pièces utiles, comme une facture ou un échange de mails, et de ne pas envoyer de dossier médical.
Depuis le 28 mai, ce formulaire en ligne complète le dispositif national. Les signalements peuvent ensuite être redirigés vers les autorités compétentes, selon la situation : ARS, conseil départemental ou services de l’État.
Ce circuit national a une résonance très concrète dans les Bouches-du-Rhône. Le schéma départemental de l’autonomie recense 417 122 habitants de 65 ans ou plus en 2019, dont plus de 90 % dans la métropole. Le département compte aussi 193 EHPAD autorisés. Dans un territoire aussi dense, l’alerte ne vient pas toujours d’un bureau : elle peut partir d’un palier, d’une visite familiale, d’une tournée de soins ou d’un service d’aide à domicile.
Un signalement utile n’exige pas de mener l’enquête soi-même. Il faut surtout décrire des faits : dates, lieux, personnes concernées, changement observé, messages reçus, démarches déjà faites. Le reste appartient aux services compétents.
Le 3133 ne remplace ni les secours, ni une plainte, ni les démarches propres aux établissements. Il offre un premier point d’appui quand quelque chose cloche. Et parfois, savoir à qui parler vaut mieux que tourner seul autour du doute.
Sources consultées
- Préfecture des Bouches-du-RhôneSignalement de maltraitances adultes vulnérables / Réclamation ou signalement “santé social”
- Ministère du Travail et des SolidaritésVictime ou témoin de maltraitance envers un adulte vulnérable, j’appelle le 3133
- Dématérialisation des Démarches SocialesSanté et social : faire une réclamation ou un signalement
- Département des Bouches-du-RhôneSchéma départemental de l’autonomie des Bouches-du-Rhône 2024-2028