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Hydrocarbures : après le ramassage, où va le sable souillé ?

La DREAL PACA lance un marché Polmar sur les déchets issus des pollutions aux hydrocarbures : sable, algues et sacs souillés.

Illustration - Sacs souillés sur le littoral

Sur une plage, le premier geste se voit : ramasser. Le second disparaît plus vite du regard : que faire du sable, des algues, des absorbants et des sacs souillés par les hydrocarbures ?

C’est cette partie moins photogénique, mais décisive, que vise un nouveau marché Polmar porté par la DREAL PACA. La consultation POLMAR 4 concerne la gestion des déchets issus des chantiers de lutte contre les pollutions marines par hydrocarbures. Elle couvre la zone de défense Sud, avec trois lots : Occitanie, PACA et Corse. Pour le lot PACA, le marché est prévu sur 48 mois, avec une valeur maximale de 4 millions d’euros.

Rien n’indique une alerte imminente. Le marché achète une capacité à mobiliser si un chantier Polmar doit être ouvert. Dans ce type de crise, nettoyer ne veut pas seulement dire envoyer des équipes sur le rivage. Il faut trier, regrouper, stocker, transporter puis traiter des déchets qui ne peuvent pas repartir dans une benne ordinaire.

Dans les Bouches-du-Rhône, cette logistique prend vite plusieurs visages. Un vallon des Calanques, une plage marseillaise, un quai de Fos, une anse de la Côte Bleue ou un rivage de Camargue ne posent pas les mêmes problèmes. Le littoral départemental mêle ports industriels, espaces naturels, baignade, pêche, navigation de plaisance et tourisme. Le même mot, « pollution », peut donc recouvrir des gestes très différents selon l’endroit où les hydrocarbures arrivent.

Polmar distingue deux terrains. En mer, l’action relève du préfet maritime. À terre, la première réponse appartient aux communes, sous l’autorité du maire. Si l’ampleur dépasse les moyens locaux, le préfet de département peut activer le volet Polmar/Terre du dispositif ORSEC. À ce moment-là, la question est très pratique : ouvrir un chantier, éviter les mauvais circuits, trouver des capacités de transport et de traitement, garder la trace de ce qui part.

Les Calanques l’ont montré en 2018, après l’arrivée de résidus d’hydrocarbures sur plusieurs sites. Le parc national avait alors décrit des opérations à La Ciotat, au Mugel, à Figuerolles et à Marseilleveyre, ainsi qu’un barrage préventif autour de la ferme aquacole du Frioul. À Marseilleveyre, près de 150 kg d’hydrocarbures avaient été ramassés, emballés et évacués.

À Fos, la question croise aussi les réseaux industriels. Les publications environnementales de la préfecture mentionnent encore une fuite d’hydrocarbures survenue le 23 février 2026 au niveau d’une canalisation exploitée par Fluxel. Là encore, le sujet n’est pas seulement la tache visible, mais toute la suite : contenir, nettoyer, évacuer, traiter.

C’est le sens très concret de ce marché. Une pollution maritime ne se règle pas au moment où la plage paraît propre. Elle se règle aussi dans les sacs fermés, les bennes bien orientées et les filières prêtes à absorber ce que la mer a laissé sur le rivage. Moins héroïque qu’un barrage flottant, mais plus utile qu’une pile de sacs sans destination.

Sources consultées
  1. PLACE, Plate-forme des achats de l’ÉtatDétail de la consultation DREALPACA-26-002, POLMAR 4
  2. France Marchés / BOAMPAvis n°26-52992, lutte contre les pollutions marines POLMAR par hydrocarbures
  3. Ministère chargé de la merLe dispositif POLMAR/Terre
  4. Préfecture des Bouches-du-RhôneORSEC POLMAR Terre des Bouches-du-Rhône
  5. Parc national des CalanquesRisque de pollution aux hydrocarbures, point de situation au 4 novembre