Des produits d’hygiène, des sous-vêtements, des chaussures, des sandales, des trousseaux pour nouveau-nés: l’aide aux personnes à la rue passe aussi par une liste d’objets très ordinaires. À Marseille, la Ville consulte des fournisseurs pour les livrer aux personnes en grande précarité ou vivant à la rue.
Le marché, référencé 25_3448, est divisé en quatre lots: hygiène corporelle, capillaire, dentaire et sanitaire; vêtements et sous-vêtements; chaussures et sandales; trousseaux pour nouveau-nés et jeunes enfants. Il doit courir sur 48 mois. Les entreprises ont jusqu’au 9 juin 2026 à 16 h pour répondre.
Derrière la formule administrative, il y a une mécanique très concrète. Pour qu’une maraude, un accueil de jour ou un service municipal puisse dépanner quelqu’un, il faut d’abord que les produits existent quelque part, qu’ils soient commandés, livrés, stockés, puis disponibles au bon moment. Une paire de chaussures, des sandales ou des sous-vêtements ne se distribuent pas comme un stock abstrait: il faut des tailles, des saisons, des besoins différents.
À Marseille, cette chaîne existe déjà dans les services du quotidien. Le Samu social municipal indique intervenir sept jours sur sept, de 7 h à 0 h 30, sur toute la ville. Ses équipes distribuent près de 300 repas par jour, orientent vers des places d’hébergement quand elles sont disponibles et évaluent aussi les besoins en vêtements, produits d’hygiène ou couvertures. L’Espace Solidarité de l’avenue Foch, avec douches, laverie, vestiaires et permanences, donne un point d’appui visible à cette aide matérielle.
La Nuit de la solidarité 2025 donne l’échelle du besoin sans changer le sujet. Dans les huit premiers arrondissements, 411 personnes, dont 28 enfants, s’apprêtaient à dormir dehors le soir du décompte. Parmi les personnes interrogées, près d’un quart déclaraient une difficulté pour prendre une douche dans la semaine. La question n’est donc pas seulement de trouver un toit. Elle est aussi de pouvoir se laver, se changer, marcher, protéger un enfant.
Ce marché ne raconte pas toute la précarité marseillaise. Il raconte l’intervalle: les jours où l’hébergement manque, où l’on attend une place, où l’on passe par un accueil, une maraude, une douche, un vestiaire. Là, un savon, des chaussettes ou une paire de sandales ne remplacent pas un toit. Mais quand on n’en a pas, leur absence prend beaucoup de place.