À l’Hôpital Nord, la troisième IRM devra trouver sa place sans éteindre celle qui sert déjà aux patients.
Le marché publié le 28 mai par l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille ne décrit pas seulement l’arrivée d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique. Il prévoit des démolitions, des cloisons, des faux plafonds, de l’électricité, du traitement d’air, de la plomberie et des fluides médicaux. Il précise surtout que les travaux devront être organisés par phases, afin de maintenir autant que possible l’IRM existante en activité.
La contrainte change la lecture de l’annonce. Pour un patient, une IRM de plus peut vouloir dire un diagnostic plus rapide, un examen moins reporté, un parcours moins tendu entre urgences, spécialiste et rendez-vous d’imagerie. Pour l’hôpital, cela commence beaucoup plus prosaïquement: par une salle à adapter, des réseaux à déplacer, des circulations à préserver et une machine voisine qu’il faut continuer à faire tourner.
L’AP-HM prépare ainsi l’installation d’une troisième IRM dans le service d’imagerie de l’Hôpital Nord, au rez-de-chaussée du bâtiment Étoile, chemin des Bourrely, dans le 15e arrondissement de Marseille. Le marché est estimé à 806 986 € hors taxes. Sa durée prévue est de onze mois. Les offres sont attendues jusqu’au 26 juin.
Le site n’est pas anodin. L’Hôpital Nord concentre des urgences ouvertes 24 heures sur 24, un plateau médico-technique, de la chirurgie, de la cancérologie, de la pédiatrie, une maternité de niveau 3 et plusieurs spécialités qui s’appuient fortement sur l’imagerie. Son service d’imagerie prend déjà en charge adultes et enfants, avec IRM, scanners, radiologie, échographie, angiographie et radiologie interventionnelle.
Cette contrainte locale s’inscrit dans une pression régionale. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Agence régionale de santé recense 112 IRM et 124 scanners, tout en rappelant que ces équipements restent limités au regard du nombre d’actes réalisés. L’imagerie dite “en coupe”, c’est-à-dire scanner et IRM, est devenue un passage central du diagnostic: neurologie, cancer, traumatologie, douleurs articulaires, suivi pédiatrique. Quand l’accès se tend, toute la chaîne de soins ralentit.
Mais le marché ne dit pas encore que les délais vont baisser. Il ne précise pas non plus les horaires d’ouverture de cette future troisième IRM, sa capacité d’examens, ni la part réservée aux patients externes. La machine ne produira un effet visible que si les créneaux, les équipes et les priorités suivent.
L’information sûre est donc plus modeste, et plus solide: au nord de Marseille, l’AP-HM prépare une capacité d’IRM supplémentaire dans un hôpital qui en a déjà un usage quotidien. Dans un hôpital, une IRM de plus ne commence pas par une inauguration. Elle commence par des cloisons, des réseaux et la délicate mission de ne pas arrêter celle d’à côté.