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À Vitrolles, le chaud et le froid deviennent une affaire de réseau public

Vitrolles cherche un appui pour encadrer sa concession de chaleur et de fraîcheur urbaines : 30 ans, 93 M€ et des raccordements à réussir.

Réseau thermique urbain à Vitrolles

À Vitrolles, le chauffage et la fraîcheur de milliers de logements, d’équipements et de zones d’activité vont dépendre d’un même réseau, d’un même opérateur et d’un contrat de trente ans. Ce n’est plus seulement une question d’énergie : c’est une question de raccordements, de tarifs, de travaux et de contrôle public.

Un avis publié au BOAMP le 27 mai 2026 ouvre une étape moins visible de ce dossier : la Ville cherche une assistance à maîtrise d’ouvrage pour sa concession de réseau de chaleur et de fraîcheur urbain. En clair, elle veut de l’expertise pour encadrer un service technique qui doit durer longtemps et compter dans les factures, les raccordements et les travaux.

Le dossier part d’un réseau existant, celui de l’ASL Centre Urbain, créé en 1975 et exploité par Dalkia jusqu’au 30 juin 2026. En février 2026, Vitrolles a attribué à Engie Solutions une concession de 30 ans pour reprendre, moderniser et étendre ce réseau.

Les chiffres donnent l’échelle : 93 millions d’euros d’investissement annoncés, 29 km de réseau, 24 250 équivalents logements desservis à terme, avec un mix énergétique pouvant atteindre 94 % d’énergies renouvelables ou de récupération. Pour les abonnés déjà raccordés, la reprise prévue au 1er juillet 2026 est présentée avec une baisse immédiate de facture d’environ 30 %.

Le mot qui change la lecture du projet est “fraîcheur”. Le projet ne concerne pas seulement le chauffage collectif. Il prévoit aussi un service de rafraîchissement pour des zones économiques, avec 33 GWh par an annoncés, notamment autour de la ZAC Aequatio, d’Airbus Helicopters, de l’aéroport Marseille Provence et de Cap Horizon.

En France, les réseaux de froid restent beaucoup plus rares que les réseaux de chaleur. À Vitrolles, cette rareté donne du relief à une décision très locale : dans une commune exposée aux chaleurs d’été, où se mêlent logements, équipements publics, bureaux, activités industrielles et aéroportuaires, le confort thermique devient une infrastructure à organiser, pas seulement une climatisation à poser bâtiment par bâtiment.

Le nouveau marché d’assistance ne dira pas, à lui seul, si le réseau réussira. Mais il rappelle où se joue une bonne partie du sujet : dans les clauses, les contrôles, les raccordements réellement effectués, les rues ouvertes proprement et les factures promises. Pour un réseau censé transporter du chaud et du froid, la Ville devra surtout éviter le tiède.