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Sous le terril de Madame d’André, une canalisation résiste à l’après-mine

Entre Gréasque et Fuveau, le BRGM lance un nouveau marché d’hydrocurage sous le terril de Madame d’André, après un bouchon de calcite.

Canalisation sous un terril

Sous le terril de Madame d’André, entre Gréasque et Fuveau, l’après-mine tient dans une canalisation bouchée.

Le Bureau de recherches géologiques et minières, opérateur public chargé de surveiller et sécuriser les anciens sites miniers pour le compte de l’État, lance un nouveau marché d’hydrocurage sous ce terril du bassin de Provence. L’objectif est simple à dire: nettoyer une galerie et une canalisation qui permettent au ruisseau d’Audibert de passer de l’amont vers l’aval, sous le terril.

L’affaire n’est pas un premier passage de caméra dans un ouvrage oublié. En octobre 2024, une opération avait déjà permis de nettoyer plusieurs tronçons: une buse sous le chemin du Jas à Gréasque, un fossé en propriété privée, un ouvrage sous l’ancienne voie ferrée, le bassin de décantation et une partie de la canalisation amont.

Puis le curage s’est arrêté. Sur 115 mètres de canalisation, seuls 42 mètres avaient pu être dégagés. Même un jet annoncé à 500 bars n’avait pas suffi à venir à bout d’un bouchon de calcite. Bilan provisoire: 35 tonnes de calcite égouttée évacuées, et encore une dizaine de centimètres de boue observés quelques semaines plus tard dans le bassin aval.

Les documents consultés ne décrivent pas une alerte pour les riverains. La visite de décembre 2024 indiquait même que la galerie ne montrait pas de signe d’instabilité. Le sujet est plus discret, mais plus parlant: dans l’ancien bassin minier, l’histoire industrielle ne se range pas seulement dans les musées. Elle continue aussi dans les conduites, les fossés, les bassins et les écoulements d’eau.

La calcite a elle-même une origine très locale. Le rapport régional du BRGM explique que la canalisation reçoit depuis des années des eaux chargées en chaux éteinte, issue des cendres du terril. Cette chaux provient de l’usage passé de carbonate de calcium à la centrale thermique au charbon, pour réduire les émissions de soufre dans les fumées. Le charbon a disparu du quotidien, mais une partie de sa chimie circule encore sous terre.

À l’échelle nationale, cette maintenance forme désormais un service public à part entière. En 2024, l’État a consacré 31,9 millions d’euros hors taxes à l’après-mine opérationnelle confiée au BRGM, dont 7,1 millions pour des travaux de mise en sécurité. À Gréasque et Fuveau, ce budget national se traduit par une question beaucoup plus concrète: comment faire passer correctement un ruisseau sous un terril, quand 35 tonnes de calcite n’ont pas encore réglé l’affaire?