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Sous les quais, le vrai entretien des ports départementaux

Le Département lance un marché pouvant atteindre 6 millions d’euros pour entretenir ses ports. Quais, cales, bornes, appontements : une partie du littoral se joue sous les quais.

Quai portuaire sous surveillance

Un port tient aussi à des choses que l’on ne met pas sur les cartes postales : une cale qui reste praticable, une borne d’eau qui fonctionne, un quai qui tient aussi sous la ligne d’eau.

C’est l’objet du marché lancé par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône pour ses ports départementaux. L’avis publié fin mai prévoit des travaux d’entretien et de grosses réparations sur les ouvrages et équipements portuaires, dans leurs parties émergées comme dans leurs parties immergées.

Le contrat n’annonce pas un grand chantier unique. Il prépare plutôt une capacité d’intervention régulière. L’accord-cadre est prévu pour douze mois, avec trois reconductions possibles, dans la limite de quatre ans. Son plafond atteint 1,5 million d’euros hors taxes par an, soit 6 millions d’euros au maximum. Les entreprises ont jusqu’au 26 juin 2026 pour répondre.

Huit ports sont concernés : le Port-Vieux de La Ciotat, Cassis, La Redonne, Niolon, Carro, Le Jaï, Pertuis et Sagnas. La liste suffit à montrer que le sujet n’est pas seulement touristique. À Cassis, le port concentre plaisance, pêche, terrasses, départs vers les calanques, plongée, chantier naval, bornes d’eau et d’électricité, aire de levage et déchetterie portuaire. À Carro, les pêcheurs, le marché aux poissons, les plaisanciers et la station locale de la Société nationale de sauvetage en mer utilisent le même port. À Pertuis, sur l’étang de Berre, les quais servent aussi à la pêche, au séchage des filets, à la mise à l’eau et au carénage.

Dans ces ports, une réparation peut concerner la surface du quai, mais aussi ce qui le tient sous l’eau. L’avis le confirme : les entreprises devront notamment pouvoir travailler sur des ouvrages maritimes et subaquatiques. Les offres seront aussi jugées sur la méthode d’intervention, la capacité à répondre en urgence, y compris le week-end, et la gestion environnementale des déchets de chantier.

Le point utile est là. Un port ne se dégrade pas toujours par grand événement visible. Il s’use par les éléments, les usages, le sel, les chocs, les équipements qui vieillissent. Le Cerema, organisme public d’expertise sur les infrastructures, résume depuis plusieurs années l’intérêt d’une gestion patrimoniale des ports : recenser les ouvrages, les visiter régulièrement, programmer les réparations avant d’avoir à intervenir trop tard et plus cher.

Le marché départemental s’inscrit exactement dans cette logique, à une échelle très concrète. Il ne dit pas encore quel quai, quelle cale ou quel équipement sera traité en premier. Il ne signale donc pas une alerte particulière sur un port. Il rappelle une chose simple : dans les petits ports aussi, l’entretien public commence parfois sous les pieds des promeneurs.