Ouvrir le robinet prend trois secondes. Dans le secteur Nord-Centre de la Métropole Aix-Marseille-Provence, l’étude qui doit dire comment l’eau continuera d’arriver demain doit durer quatre ans.
Un avis de marché publié le 24 mai 2026 lance la réalisation du schéma directeur d’alimentation en eau potable de cette division Nord-Centre. Le périmètre indiqué couvre l’ancien territoire du Pays salonais, avec quelques communes de l’ex-Pays d’Aix. Les offres sont attendues avant le 29 juin. La mission est estimée à 648 800 euros hors taxes et prévue sur 48 mois, à partir de l’automne 2026.
Derrière le mot sec de schéma directeur, l’enjeu est très concret : repérer où le réseau tient bien, où il dépend trop d’une seule ressource, où un réservoir manque de marge, où une conduite devra être renouvelée, où une commune risque de tirer davantage sur le système dans les prochaines années.
Le sujet n’est pas de savoir si l’eau du robinet est potable aujourd’hui. Dans le service du Pays salonais, les indicateurs publics 2023 affichent une conformité de 100 % sur le critère microbiologique et de 99,8 % sur le critère physico-chimique. Le sujet est plus discret : garder un service robuste quand les besoins bougent, quand les ouvrages vieillissent et quand l’eau doit pouvoir être sécurisée en cas de sécheresse, de pollution ou de casse.
La Métropole a déjà posé le cadre général. Son schéma directeur métropolitain de l’eau potable, adopté fin 2024, évalue à 900 millions d’euros hors taxes les opérations à mener sur 25 ans, auxquels s’ajoutent 35 millions d’euros par an pour renouveler les réseaux. Le rendement métropolitain atteint 86,1 % en 2024, un niveau supérieur à la moyenne française. Mais même un bon réseau oblige à choisir : quelle conduite traiter d’abord, quelle ressource renforcer, quel secteur raccorder autrement.
À l’échelle française, l’enjeu se mesure simplement : environ un litre d’eau mis en distribution sur cinq repart au milieu naturel sans arriver chez un consommateur. Dans les Bouches-du-Rhône, où l’eau circule souvent par de grands ouvrages, cette réalité transforme les études techniques en décisions très ordinaires : moins de fuites, plus de sécurité, des travaux mieux hiérarchisés.
La mission Nord-Centre ne promet donc pas des chantiers dès demain. Elle prépare la liste de ceux qui auront le plus de sens. Avant les barrières de travaux et les rues ouvertes, il y a ce moment moins visible où l’on décide quoi réparer, quoi renforcer et quoi ne pas remettre à plus tard. Le robinet, lui, continuera d’avoir l’air simple. C’est un peu son métier.