Un faux compte qui reprend votre nom. Une photo recopiée, détournée, envoyée plus loin que prévu. Une vidéo truquée qui colle un visage à des gestes ou des mots jamais prononcés. Ce sont des ennuis très numériques, mais ils finissent toujours par tomber quelque part: dans une famille, une classe, une activité professionnelle, une réputation.
À Aix-en-Provence, une nouvelle association vient justement de se déclarer sur ce terrain. Son nom: Faceprotectx. Son objet officiel vise la protection de l’image, de l’identité visuelle et de la réputation des personnes sur internet, ainsi que la prévention et la lutte contre les deepfakes, les faux profils, les usurpations d’identité et les diffusions non consenties.
Pour l’instant, il faut s’en tenir à cela. Rien ne permet encore de dire que l’association dispose d’une permanence, d’un site public, de partenaires ou d’actions déjà engagées. Mais le signal est lisible: ces sujets ne relèvent plus seulement des grandes plateformes ou des experts en cybersécurité. Ils arrivent par les messageries, les réseaux sociaux, les comptes professionnels, les groupes de jeunes et les listes de contacts.
L’enjeu, dans ces affaires, est souvent la vitesse. Quand une image circule, il faut garder des preuves, signaler le contenu, sécuriser ses comptes, prévenir les personnes concernées et, selon les cas, déposer plainte. Ces gestes semblent simples quand on les énumère. Ils le sont beaucoup moins quand l’image est déjà partie, que l’on ne sait pas qui l’a publiée et que chaque minute donne l’impression de perdre la main.
Des relais locaux peuvent alors aider, à condition de ne pas promettre plus qu’ils ne peuvent faire. Dans les Bouches-du-Rhône, l’aide aux victimes existe déjà, notamment avec l’APERS à Aix-en-Provence, membre du réseau France Victimes. Pour les adolescents confrontés au cyberharcèlement ou à la diffusion d’images, le 3018 reste aussi un point d’entrée national.
Faceprotectx devra maintenant préciser sa place: prévention, accompagnement, orientation vers les bons interlocuteurs, sensibilisation des familles ou aide aux professionnels exposés. Une déclaration ne protège encore personne à elle seule. Mais elle dit bien quelque chose de l’époque: aujourd’hui, protéger son image ne consiste plus seulement à choisir une bonne photo de profil. Parfois, il faut aussi vérifier que personne ne s’en est servi à votre place.