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Low-tech, eau, matériaux: dans les Bouches-du-Rhône, la transition cherche ses ateliers

Low-tech, réemploi, eau, prototype: des associations récentes esquissent une écologie locale à hauteur d’atelier dans les Bouches-du-Rhône.

Atelier low-tech local

Cela commence par des noms: Low-Tech Lab Massalia, Chenille, Aigua-Vive, Ridetraction. Mis bout à bout, ils dessinent une petite carte des Bouches-du-Rhône: Marseille, Septèmes-les-Vallons, Aix-en-Provence. Et derrière ces noms, quatre objets très concrets: la low-tech, les matériaux de réemploi, l’eau, un treuil électrique mobile pour les sports de glisse.

Ces associations apparaissent dans les déclarations publiées début mai au Journal officiel des associations. Il ne faut pas leur faire dire plus qu’elles ne disent. Une création administrative n’est pas encore un atelier ouvert, un programme d’événements ou une activité installée. La page HelloAsso de Low-Tech Lab Massalia indique d’ailleurs que les prochaines initiatives sont encore en préparation.

Mais le signal mérite qu’on s’y arrête. Ces lignes administratives ne prouvent pas un mouvement coordonné. Elles montrent plutôt les mots autour desquels des habitants se regroupent aujourd’hui: réparer, transmettre, expérimenter, économiser, faire avec les ressources déjà là.

À Marseille, Low-Tech Lab Massalia veut explorer et diffuser des pratiques sobres, utiles et durables. Dans le 4e arrondissement, Chenille se concentre sur les matériaux de réemploi et les matériaux biosourcés. L’écart est parlant: selon l’Ademe, 10,7 millions de tonnes de déchets issus des produits et matériaux de construction du bâtiment ont été pris en charge en France en 2024 par les éco-organismes, mais seulement 29 000 tonnes ont été remployées. Entre les grands chiffres et l’usage réel, il manque encore des lieux, des gestes, des personnes capables de trier, transformer et transmettre.

À Septèmes-les-Vallons, Aigua-Vive prend l’eau comme terrain d’action. Là encore, l’objet touche vite au quotidien: jardins, bâtiments, équipements, habitudes domestiques, petites entreprises. La Métropole Aix-Marseille-Provence rappelle que la ressource est déjà prise entre sécheresses, inondations, qualité de l’eau et besoins de tous les jours. Une association ne règle pas cela seule. Elle peut en revanche ramener le sujet à une échelle plus proche: comprendre, tester, expliquer, faire circuler des pratiques.

Ridetraction, à Aix-en-Provence, paraît d’abord plus à part. Son objet porte sur le développement d’un treuil électrique polyvalent pour le wakeboard, le foil ou le ski. C’est moins directement écologique que l’eau ou les matériaux. Mais l’idée dit aussi quelque chose de cette économie du bricolage utile: rendre un équipement mobile, accessible, adaptable, au lieu de dépendre d’installations fixes ou coûteuses.

Le point commun n’est donc pas une grande bannière verte. C’est une manière de chercher des solutions à hauteur d’atelier. Pour l’instant, ces associations sont surtout des promesses à vérifier. Mais elles disent déjà une chose simple: dans les Bouches-du-Rhône, une partie de la transition se cherche dans des objets à modifier, des ressources à ménager et des savoir-faire à remettre en circulation.