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À la Constance, l’écologue arrive avant les engins

À Aix-en-Provence, la ZAC de la Constance cherche un coordinateur environnemental pour suivre cinq ans de chantier et d’engagements écologiques.

Clôture de chantier écologique

Avant les pelleteuses, il y a parfois des piquets, des rubans, des relevés d’espèces et des zones où les engins n’ont pas le droit de passer. Sur un chantier d’aménagement, l’écologie se joue souvent à cette échelle: une clôture autour d’un milieu sensible, un calendrier adapté à la reproduction d’une espèce, un arbre conservé, un suivi transmis aux services de l’État.

C’est ce travail que la SPLA Pays d’Aix Territoires veut confier à un écologue coordinateur environnemental pour la ZAC de la Constance, à Aix-en-Provence. Le marché prévoit une mission de cinq ans, estimée à 250 000 euros hors taxes, avec un plafond fixé à 300 000 euros. Elle doit accompagner les chantiers de viabilisation publique, suivre les mesures d’évitement, de réduction et de compensation, piloter les suivis écologiques et rendre compte de leur mise en œuvre.

La Constance n’est pas une petite couture urbaine. Le projet porte sur environ 92 hectares, à la jonction des quartiers ouest et sud d’Aix-en-Provence. Il prévoit environ 3 600 logements, dont une part de logements sociaux, mais aussi des activités tertiaires, des commerces, des équipements publics et des espaces verts. Le secteur est pris dans une géographie très aixoise: besoin de logements, pression foncière, paysages surveillés de près, proximité de grandes infrastructures comme l’A8, l’A51 et la voie ferrée.

Dans ce type d’opération, l’écologue ne rend pas le projet acceptable à lui seul. Il ne tranche pas non plus le débat entre urbanisation, paysage et biodiversité. Son rôle est plus concret: vérifier que les engagements écrits tiennent quand les travaux commencent.

L’avis de l’autorité environnementale avait déjà pointé plusieurs sujets sensibles: consommation d’espaces naturels et agricoles, biodiversité, continuités écologiques, ruissellement, bruit, qualité de l’air et mobilité. Il signalait aussi la présence d’habitats favorables à des espèces protégées, malgré un site déjà marqué par l’urbanisation et les infrastructures. Le dossier prévoyait des mesures pour éviter, réduire ou compenser les impacts, avec des effets résiduels encore importants sur certains milieux et certaines espèces.

C’est là que cette mission devient concrète. Une mesure inscrite dans une étude d’impact ne protège rien si personne ne vérifie son application. Sur le terrain, cela peut vouloir dire contrôler les emprises, limiter l’éclairage, éviter la dispersion d’espèces invasives, ajuster certaines interventions ou documenter ce qui a réellement été fait.

La ZAC reste contestée, notamment par des associations qui défendent les paysages liés à Cézanne et la biodiversité du plateau. La mission d’écologue ne ferme pas cette controverse. Elle dit seulement que le projet arrive dans une phase où les promesses environnementales devront être suivies au bord des pistes, des clôtures et des tranchées.

Pour les habitants, l’enjeu se résume assez vite. Si le quartier se construit, qui vérifiera que les protections prévues tiennent encore lorsque le calendrier, les coûts et les contraintes du chantier commenceront à pousser?