Aux Bassins Est, les surfaces visées ont déjà un usage. Un hangar sert à l’embarquement, un autre à la réparation navale, des parkings accueillent les voyageurs. Le port de Marseille Fos veut maintenant leur ajouter une fonction: produire de l’électricité.
La mission de maîtrise d’œuvre repérée concerne une deuxième phase d’installations photovoltaïques en toiture et sur parkings. Elle ne lance pas encore les travaux eux-mêmes, mais elle prépare le passage du projet à l’échelle concrète: vérifier les bâtiments, traiter les contraintes techniques, prévoir les raccordements, organiser un chantier dans un port qui continue à fonctionner.
C’est là que le projet prend son sens. Le solaire portuaire ne se présente pas ici comme une grande promesse verte, mais comme une utilisation plus fine de surfaces déjà prises par l’activité industrielle. Les panneaux ne remplacent pas les quais, les hangars ou les parkings. Ils s’y ajoutent. Dans un département où chaque surface compte, cette sobriété foncière a du poids.
Le projet s’inscrit aussi dans une trajectoire plus large. Marseille Fos électrifie ses quais pour permettre à certains navires de couper leurs moteurs pendant l’escale. Son programme CENAQ, pour la connexion électrique des navires à quai, représente plus de 200 millions d’euros d’investissement et doit encore monter en puissance entre 2025 et 2029. Cette électrification améliore la qualité de l’air autour des bassins, mais elle augmente aussi les besoins en électricité.
Le port annonce, dans cette même stratégie, une production photovoltaïque de 9 GWh par an en 2026, puis de 14 GWh par an en 2029. À l’échelle d’un grand port industriel, cela ne signifie pas l’autonomie énergétique. Ce serait survendre le dossier. Mais cela dit quelque chose de plus précis: une partie de l’effort peut être produite sur place, sur des toits et des parkings qui existent déjà.
La loi pousse d’ailleurs les grands parkings extérieurs vers les ombrières solaires. Pour le port, cette obligation rejoint une logique pratique: couvrir, raccorder, maintenir, sans immobiliser de nouveaux terrains. La transition énergétique du port ne passe donc pas seulement par les navires branchés à quai. Elle passe aussi par ces toitures et ces parkings, qui restent des outils logistiques mais commencent aussi à produire une part de l’électricité du site.