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À Trets, une association veut organiser des circuits courts de l’électricité

Une association créée à Trets veut structurer des circuits courts de l’électricité, dans un modèle d’autoconsommation collective en plein essor.

Illustration de panneaux solaires locaux

À Trets, le sujet n’est pas encore de savoir combien de panneaux solaires seront posés. Il est plus simple, et plus décisif: des habitants, des entreprises ou une collectivité peuvent-ils s’organiser pour partager une électricité produite près de chez eux?

C’est l’ambition déclarée de l’Association de développement d’une économie locale de l’électricité, créée à Trets début avril. Son objet mentionne les circuits courts de l’énergie, les renouvelables, la mutualisation des besoins et le rôle de personne morale organisatrice dans des opérations d’autoconsommation collective. Son site affiche encore une présence minimale. Il faut donc parler d’un point de départ, pas d’un projet déjà lancé. Mais le point de départ est intéressant.

L’autoconsommation collective permet à plusieurs producteurs et consommateurs de partager une production d’électricité locale. Une école, une salle municipale, un toit d’entreprise ou une copropriété peut produire; des habitants, commerces ou équipements voisins peuvent consommer une partie de cette électricité. Ils ne quittent pas le réseau: celui-ci continue d’acheminer l’électricité, de mesurer les flux et de fournir le complément quand la production locale ne suffit pas.

La pièce centrale, c’est la structure qui organise le partage. Le terme est peu parlant: “personne morale organisatrice”. Son rôle, lui, est très concret: réunir les participants, fixer les règles de répartition, dialoguer avec Enedis, suivre les entrées et sorties du dispositif. Cette structure peut être une association, une société, une coopérative ou une collectivité. Pour Trets, tout l’enjeu est là: transformer une intention associative en mécanisme lisible, gouverné, raccordé et utile.

Le modèle n’est plus marginal. Enedis comptait 77 opérations d’autoconsommation collective en service en France en 2021, 698 en 2024, puis 1 625 au 1er janvier 2026. Le nombre de participants atteignait alors 17 995. La taille reste souvent modeste: deux tiers des opérations comptent dix participants ou moins. Ce n’est pas encore un basculement du système électrique, mais c’est une progression nette d’un outil de proximité.

Dans les Bouches-du-Rhône, des exemples existent déjà. À Cabriès-Calas, SerenyCalas exploite depuis 2021 des centrales photovoltaïques sur des toitures publiques et privées: 270 kW de puissance, 347 MWh produits par an, 42 actionnaires et 80 autoconsommateurs annoncés par le porteur du projet. À Vitrolles, la commune organise des réunions publiques en 2026 autour de “Notre Énergie Vitrolles”, qui doit permettre à des habitants de consommer, produire ou financer une électricité locale; un programme de 25 sites municipaux solarisés est annoncé jusqu’à l’hiver 2027.

Ces chiffres donnent une mesure utile. Les circuits courts de l’électricité ne promettent pas l’autonomie énergétique d’une ville. Ils peuvent en revanche mieux utiliser les toitures disponibles, associer des consommateurs qui ne peuvent pas poser eux-mêmes des panneaux, et rendre une partie de la facture plus compréhensible parce qu’elle correspond à une production locale identifiée. Le gain est autant organisationnel qu’électrique.

Reste le dur du sujet: qui produit, qui consomme, à quel prix, avec quelle gouvernance, et sur quel périmètre? Une association peut être un bon outil si elle clarifie ces réponses. Elle peut aussi rester une simple déclaration si aucun toit, aucun consommateur et aucun modèle économique ne suivent.

À Trets, l’information à surveiller n’est donc pas seulement la création de l’association. C’est la prochaine étape: un premier site de production, un cercle de participants, une règle de partage, une discussion avec la commune ou des acteurs économiques locaux. C’est là que l’idée deviendra, ou non, un vrai circuit court de l’électricité.