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À Peynier, le bus à la demande teste la promesse de mobilité de proximité de la Métropole

À Peynier, la Métropole déploie un bus à la demande qui éclaire un enjeu plus large: desservir les communes peu denses malgré la contrainte budgétaire.

Bus à la demande à Peynier

À Peynier, le changement est concret. La Métropole Aix-Marseille-Provence a mis en service un bus à la demande intégré au réseau Aix en Bus et Pays d’Aix Mobilité. Le service se réserve par téléphone, sur internet ou via une application, les titres habituels y sont acceptés et un ticket peut aussi être acheté à bord. La page officielle annonce un tarif unique de 1,30 euro par trajet et une réservation possible jusqu’à 30 jours à l’avance.

Ce n’est pas un gadget local de plus. Le bus à la demande autour d’Aix couvre déjà neuf secteurs. Celui de la Haute Vallée de l’Arc relie Peynier, Puyloubier, Rousset et Trets, avec des correspondances vers des lignes régulières pour Aix et Marseille. Les trajets sont possibles d’arrêt à arrêt à l’intérieur du secteur, mais pas entre deux arrêts déjà bien desservis par une ligne régulière ou scolaire. Le règlement fixe aussi une limite de quatre trajets par jour et par personne, et ferme l’accès au service si un trajet équivalent existe à plus ou moins 45 minutes sur une ligne classique. La Métropole ne remplace donc pas un vrai réseau. Elle bouche les trous là où le réseau ordinaire ne suffit pas.

C’est là que Peynier devient un sujet départemental. Dans les territoires peu denses, 70 % des déplacements se font en voiture, rappelle le Cerema. Ces zones restent défavorables aux transports collectifs parce que l’habitat, l’emploi et les services y sont plus dispersés. Le même établissement souligne aussi qu’en zone peu dense, le taux d’immobilité peut atteindre 30 % des seniors sur une journée. Autrement dit, le sujet n’est pas seulement de savoir s’il y a un bus de plus. Il est de savoir si l’on peut aller à Trets, à Rousset, à un rendez-vous ou à une correspondance sans dépendre entièrement d’une voiture disponible à la bonne heure.

Le deuxième test est financier. Dans ses orientations budgétaires 2026, la Métropole prévoit 892,4 millions d’euros de dépenses réelles sur le budget annexe transports, soit 9,9 % de plus qu’en 2025. Elle chiffre à 17,8 millions d’euros le coût des extensions de service engagées dès 2025 et de l’offre nouvelle en 2026. Sa contribution d’équilibre projetée au budget transports monte à 189 millions d’euros, et l’institution estime qu’il faut retrouver 79 millions d’euros dès 2026 pour assurer l’équilibre réel de ce seul budget annexe. C’est ce qui donne son relief au cas de Peynier. Les services de proximité sont utiles, visibles, souvent bien reçus. Ce sont aussi ceux qu’il faut assumer dans la durée quand l’argent manque.

Le bus à la demande de Peynier ne va pas régler à lui seul la dépendance à la voiture dans l’est des Bouches-du-Rhône. Mais il dit quelque chose d’important sur la hiérarchie réelle des priorités métropolitaines. Si d’autres communes comparables suivent, on pourra parler d’une stratégie de desserte fine. Si Peynier reste un cas isolé, ce sera surtout une rustine utile. Pour l’instant, la Métropole a au moins mis un outil concret sur la table. C’est déjà mieux qu’un discours.