À Marseille-Fos, la diplomatie portuaire doit maintenant produire des résultats
Le port de Marseille-Fos a réuni vendredi 20 délégations diplomatiques pour sa première journée des ambassadeurs, organisée avec le ministère des Affaires étrangères. Ambassadeurs, consuls, conseillers économiques et attachés sectoriels ont rencontré le port, ses opérateurs et les représentants de la place industrialo-portuaire. Le signal est simple: Marseille-Fos ne cherche pas seulement à se montrer, il cherche à se vendre comme porte d’entrée vers le sud de l’Europe pour des flux, des clients et des projets industriels.
Cette offensive a une raison très concrète. En 2025, Marseille-Fos a traité 1,45 million de conteneurs, loin derrière Valence et ses 5,66 millions, et derrière Barcelone, qui a terminé l’année à 69,5 millions de tonnes de marchandises et 3,7 millions de conteneurs. Dans cette compétition, les relations diplomatiques ne servent pas à décorer le tableau. Elles servent à faire venir des lignes maritimes, à attirer des chargeurs et à peser dans les choix d’implantation. Un port gagne moins par ses discours que par sa capacité à capter des flux avant qu’ils partent chez le voisin.
Pour les Bouches-du-Rhône, l’enjeu local est là. Fin 2025, le port a adopté un plan stratégique à plus d’un milliard d’euros sur cinq ans pour moderniser ses infrastructures et renforcer sa compétitivité. À Fos, le projet de desserte du môle central est présenté comme une condition de la réindustrialisation du site, avec jusqu’à 10 000 emplois directs annoncés à terme. Le port met aussi en avant un autre argument décisif: il gère 110 kilomètres de voies ferrées, fait déjà passer 240 000 conteneurs par an par le train, soit l’équivalent de 500 poids lourds retirés chaque jour des routes, et vise 550 000 conteneurs ferroviaires en 2040. Là, on sort de la communication. On parle d’accès, de logistique, de sous-traitance et de capacité réelle à accueillir de nouvelles activités.
La journée des ambassadeurs a donc du sens, mais seulement à une condition: que le port livre derrière. Les contacts n’auront de valeur que s’ils débouchent sur des trafics supplémentaires, des chantiers, des implantations et des connexions fiables. Marseille-Fos a des atouts évidents, une position méditerranéenne forte, du foncier, une base industrielle et un programme d’investissement musclé. Ce qui décidera de la suite n’est pas le décorum. C’est la vitesse avec laquelle le territoire transforme cette diplomatie en résultats visibles.