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Métro La Rose: la mise en accessibilité PMR ouvre un vrai test pour le réseau marseillais

Un marché de travaux vise la station La Rose à Marseille. Le vrai enjeu est ce que cette mise en accessibilité change, ou non, pour l’ensemble du réseau.

Illustration - station de métro accessible

Le marché publié au Bulletin officiel des annonces des marchés publics remet La Rose en mouvement. Ce n’est pas un simple chantier de confort. La Rose est le terminus nord de la ligne 1, une station aérienne du 13e arrondissement, construite en 1977, avec trois accès et plusieurs niveaux. La rendre accessible suppose donc autre chose qu’un ajout cosmétique. Il faut refaire un parcours complet, depuis l’entrée jusqu’au quai.

Le point décisif est là: ce chantier peut améliorer la vie quotidienne, mais il ne règlera pas à lui seul le problème marseillais. La RTM fait une distinction essentielle. Dans les 29 stations, il existe des dispositifs d’accès pour les personnes à mobilité réduite. Mais pour les voyageurs en fauteuil, seules 9 stations sont aujourd’hui réellement accessibles jusqu’aux quais. Et même sur ces 9 stations, il faut encore réserver une assistance une demi-journée à l’avance et voyager avec un agent RTM. Autrement dit, l’accès existe, mais il n’est pas encore banal.

Pourquoi La Rose compte-t-elle autant ? Parce qu’elle ne dessert pas seulement son voisinage immédiat. La station alimente les liaisons vers le technopôle de Château-Gombert, avec plusieurs lignes de bus au départ de La Rose, et Aix-Marseille Université indique elle aussi le passage par la ligne 1 puis un bus pour rejoindre le site de Château-Gombert. Pour un étudiant, un salarié, un chercheur, un patient ou un proche, une station enfin praticable peut rouvrir un trajet entier, pas seulement un quai de plus sur un plan.

La Métropole ne cache d’ailleurs pas l’ampleur du rattrapage. Dans son bilan 2023-2024 sur l’accessibilité, elle rappelle que le métro marseillais ne compte encore que 9 stations accessibles, place La Rose en phase d’études, et chiffre à 130 millions d’euros la seconde phase de transformation de 16 autres stations. Le mouvement est donc réel. Il reste simplement lent, coûteux et très concret. C’est justement pour cela que La Rose mérite d’être suivie de près. Si la station permet demain de voyager plus simplement, sans organisation spéciale, alors Marseille aura franchi un vrai cap. Pas un cap de communication, un cap d’usage.

Le bon critère, au fond, est simple. Une station accessible n’a de valeur que si toute la chaîne suit. Le ministère rappelle que l’accessibilité se joue aussi dans les correspondances, l’information et la continuité du trajet. À l’échelle du pays, seulement 42% des arrêts de transport collectif urbain sont accessibles, et une seule ligne de métro l’est à Paris, aucune à Lyon. Marseille n’est donc pas un cas isolé. Mais elle a un levier clair: son tramway est déjà entièrement accessible. Si le métro commence enfin à rattraper ce standard, station par station, La Rose pourra marquer un vrai début de normalisation, pas une exception de plus.