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Collèges, écoles, crèches, hôpitaux: la rénovation énergétique accélère enfin dans les Bouches-du-Rhône

Département, Ville de Marseille et santé publique préparent des rénovations qui visent à réduire la consommation, la chaleur et l’usure du bâti public.

Illustration - rénovation d’un bâtiment public

Dans les Bouches-du-Rhône, la rénovation énergétique des bâtiments publics sort enfin du registre des intentions. Le Département a lancé un dispositif de maîtrise d’œuvre pour ses collèges. Marseille a fait de même pour ses écoles et ses crèches, puis pour la modernisation des installations de chauffage, de ventilation et de climatisation. Ce qui avance ici n’a rien d’abstrait. Il s’agit de bâtiments usés, de salles trop chaudes, d’équipements techniques en bout de course, et d’argent public qu’il faut enfin mettre là où les usagers le sentent vraiment.

Le rattrapage est particulièrement net dans les collèges. Le Département gère 132 établissements et affirme avoir déjà réduit de 20 % leur consommation énergétique. Il dit aussi avoir installé 1 162 brasseurs d’air dans une cinquantaine de collèges, et prépare la solarisation de 30 sites. Le point important est là. Rénover ne sert plus seulement à moins chauffer l’hiver. Dans un département où les épisodes de chaleur s’installent, il faut aussi garder des salles supportables en juin, en septembre, parfois bien avant l’été. La rénovation énergétique devient donc une politique de confort d’usage et de continuité du service, pas seulement une ligne climat.

À Marseille, le sujet est encore plus concret parce qu’il touche la vie quotidienne de centaines de familles. Le Plan écoles concerne les 470 écoles publiques de la ville, pour plus de 1,5 milliard d’euros, avec 400 millions d’euros de soutien de l’État et 650 millions de garanties d’emprunt. La Ville indique que 81 écoles sont en chantier ou en cours d’études. Elle rappelle aussi que 58 crèches municipales accueillent plus de 3 000 enfants, avec 6 millions d’euros d’investissement annoncés en 2024 pour améliorer leur bâti. Dit plus simplement, la rénovation énergétique arrive là où les murs fatigués, l’air médiocre et les équipements vieillissants finissent par dégrader l’accueil des enfants autant que les factures.

Le signal venu de la santé publique va dans le même sens. L’Agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d’Azur explique que plus de 100 projets ont été engagés en 2025-2026 via le programme PENSEE+, pour plus de 4 millions d’euros d’aides à 90 %. On y trouve 51 projets d’outils de suivi des consommations, 44 études énergétiques et des missions d’appui pour préparer les travaux. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est décisif. Avant de rénover, il faut savoir où l’énergie se perd, quels bâtiments traiter d’abord, et comment financer des travaux sans désorganiser le soin. Là aussi, on voit le même basculement: l’énergie cesse d’être un sujet séparé du service public.

Le cadre national pousse dans la même direction. Le bâtiment représente 44 % de l’énergie consommée en France. Dans les communes de l’Hexagone, 81 % des consommations énergétiques viennent des bâtiments communaux. Le Fonds vert 2026 exige désormais, pour les projets aidés, au moins 40 % de baisse de consommation, avec une vraie prise en compte du confort d’été. C’est ce qui donne sa cohérence à la séquence locale. Dans les Bouches-du-Rhône, on ne voit pas encore partout des chantiers terminés. Mais on voit clairement autre chose qu’un habillage vert. On voit un rattrapage du bâti public par la chaleur, par les coûts, et par une évidence longtemps repoussée: une école, une crèche, un collège ou un établissement de santé ne rendent pas bien leur service quand le bâtiment lui-même décroche.