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Les Nauticales à La Ciotat: bien plus qu’un salon pour rêver devant des bateaux

Du 14 au 19 avril à La Ciotat, Les Nauticales servent de guide pratique, mais aussi de vitrine concrète pour les métiers et l’économie maritime des Bouches-du-Rhône.

Illustration - salon nautique méditerranéen

Les Nauticales reviennent à La Ciotat du mardi 14 au dimanche 19 avril, au Port des Capucins. Le salon ouvre de 10 heures à 18 heures, avec une fermeture à 19 heures vendredi et samedi. L’entrée est à 9 euros en plein tarif, avec tarif réduit et gratuité pour plusieurs publics. L’édition 2026 annonce 25 000 m² d’exposition, plus de 200 bateaux à terre et à flot, près de 100 exposants, 79 marques et 20 000 visiteurs attendus. L’information utile s’arrête là. Le vrai sujet commence juste après.

Le signal le plus intéressant de cette édition n’est pas un modèle exposé sur un ponton, mais la place donnée au travail. Le programme accueille une journée spéciale recrutement et formation aux métiers de la mer, coorganisée avec la Métropole, la Cité des Métiers de Marseille, France Travail et les acteurs de la filière maritime. Cela dit quelque chose de simple sur La Ciotat et plus largement sur les Bouches-du-Rhône: ici, la mer ne sert pas seulement au loisir, au tourisme ou à l’image. Elle fait aussi vivre des métiers techniques, industriels et portuaires qui cherchent encore du monde.

La Ciotat concentre bien cette réalité. La Métropole range le nautisme, la réparation navale, les technologies maritimes et La Ciotat Shipyards parmi ses filières d’excellence. Le chantier se présente comme l’un des leaders mondiaux du refit, c’est-à-dire la réparation, l’entretien et la transformation de grands yachts, avec 8 % à 10 % du marché mondial et environ une centaine de yachts de plus de 50 mètres accueillis chaque année. Une enquête menée sur le site montrait déjà, fin 2018, 619 emplois permanents déclarés par 29 entreprises installées à demeure, hors saisonniers et sous-traitants, pour 129,5 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé. Même daté, ce point de repère rappelle qu’à La Ciotat, derrière les coques lustrées, il y a des ateliers, des équipes et une chaîne de sous-traitance. La page de recrutement du site affichait encore ces jours-ci des besoins en plomberie, électrotechnique, menuiserie d’atelier, sellerie, magasinage ou coordination sécurité-environnement.

Le deuxième fil est plus large. En France, le nautisme pèse près de 6 010 entreprises, 6,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 49 000 emplois directs, selon le ministère de la Mer. La France reste le premier constructeur européen de bateaux de plaisance et le second au monde. Mais le marché n’avance pas en ligne droite. La Fédération des industries nautiques constatait en septembre 2025 un recul de 14,8 % des ventes de bateaux neufs, tandis que l’occasion ne reculait que de 3 %. Cela change la fonction d’un salon comme Les Nauticales. Il reste une vitrine commerciale, mais il devient aussi un endroit où l’on teste la solidité réelle du secteur, entre prudence des acheteurs, maintien de la pratique et importance croissante de la maintenance.

Vu sous cet angle, Les Nauticales valent mieux qu’un simple traitement agenda. Oui, on peut y aller pour comparer des modèles ou passer une après-midi au bord de l’eau. Mais le plus utile est ailleurs. Le salon rend visible, en format accessible, une économie maritime que l’on réduit trop souvent aux croisières, aux grands ports ou aux cartes postales. Dans les Bouches-du-Rhône, la mer fait aussi tourner des chantiers, des métiers manuels, des postes qualifiés, de la formation et des entreprises qui exportent leur savoir-faire. À La Ciotat, le nautisme n’est pas un décor. C’est une filière qui travaille.