
À Saint-Cézaire-sur-Siagne, les branches déposées en déchèterie doivent désormais faire moins de kilomètres. Le Syndicat mixte d’élimination des déchets (SMED) a inauguré, mercredi 28 octobre, une plateforme de broyage dont le coût est estimé à près de 934 000 € hors taxes. Son objectif : valoriser localement jusqu’à 4 500 tonnes de végétaux par an, tout en divisant par deux leur coût de traitement.
Plutôt que d’expédier les déchets végétaux vers des installations de traitement extérieures, le syndicat les broie à proximité de leur lieu de collecte. La matière obtenue peut ensuite servir aux agriculteurs voisins pour pailler leurs cultures, protéger les sols et leur apporter de la matière organique. Les trajets raccourcissent et le recours au traitement extérieur diminue.
La plateforme doit recevoir les végétaux de quatre déchèteries : Peymeinade, Saint-Vallier-de-Thiey, Valderoure et Saint-Cézaire-sur-Siagne. Ensemble, elles représentent un gisement potentiel équivalant à près d’un tiers des végétaux collectés chaque année par le SMED.
Une idée déjà éprouvée dans les champs
Ce circuit court ne date pas de l’inauguration. Dès 2021, le SMED expérimentait le broyage sur un terrain voisin de la déchèterie de Saint-Cézaire, avant de transporter la matière chez des agriculteurs partenaires. Son rapport 2022 mentionnait environ 200 tonnes broyées. Fin 2024, le syndicat faisait état de près de 530 tonnes depuis le lancement de l’expérimentation.
Le broyat trouvait déjà preneur dans les exploitations, notamment comme matière organique pour les sols. Il pouvait aussi être distribué aux jardiniers.
La nouvelle installation donne à ce circuit expérimenté depuis cinq ans les moyens de changer d’échelle. Sur 1 600 m², avec un broyeur mobile, une pelle hydraulique et un camion, le SMED entend désormais organiser le broyage à une échelle bien supérieure.
Un investissement à amortir par des économies de traitement
L’étude de faisabilité réalisée en 2024 a conduit le syndicat à retenir une exploitation en régie, avec ses propres moyens. Les travaux se sont achevés en septembre 2026 ; le dossier de financement évalue le projet à 933 948 € HT. La Région Sud et le Département apportent ensemble 673 579 €, soit environ 73 % du coût annoncé.
Le calcul économique repose sur la réduction des dépenses de transport et de traitement extérieur. Pour les végétaux concernés, le SMED annonce un coût de traitement réduit de moitié. Il n’a toutefois pas publié de comparaison détaillée des coûts par tonne permettant de vérifier cette prévision.
Broyer localement ne supprime pas toutes les dépenses. Il faut acheminer les végétaux depuis les quatre déchèteries, faire fonctionner et entretenir les machines, puis trouver des utilisateurs pour le broyat. Les agriculteurs partenaires peuvent le récupérer gratuitement sur place ou se le faire livrer moyennant une participation.
La réussite dépend donc aussi de la demande locale. Le broyat trouvait déjà preneur dans les exploitations du pays grassois. La nouvelle plateforme de Saint-Cézaire doit désormais écouler celui provenant de quatre déchèteries.
Sources consultées
- Jérôme Viaud, président du SMEDUne grande avancée pour la valorisation de proximité de nos déchets, une grande fierté pour notre territoire !
- Département des Alpes-MaritimesCommission permanente du 29 mai 2026, délibération n° 27
- SMEDRapport sur le prix et la qualité du service public 2022
- SMEDRapport annuel sur le prix et la qualité du service public 2024
- SMEDProcès-verbal du comité syndical du 3 avril 2025
- EcomnewsAlpes-Maritimes : Du déchet à la ressource, le SMED inaugure à Saint-Cézaire-sur-Siagne une première plateforme publique de broyage de végétaux et une ressourcerie