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Le Muséum de Nice rouvre : dans ses collections, 7 000 champignons de plâtre

Le Muséum d’histoire naturelle de Nice doit rouvrir le 14 octobre. Plus d’un million de spécimens racontent 180 ans de découvertes, des fonds méditerranéens aux vallées alpines.

Illustration de moulages anciens de champignons

Le Muséum d’histoire naturelle de Nice annonce sa réouverture pour le mercredi 14 octobre, après plus de dix-huit mois de travaux. Parmi son million de spécimens, une curiosité : des milliers de champignons reproduits en plâtre au XIXe siècle.

L’un de ces moulages reproduit des vesses-de-loup récoltées le 16 juin 1862 dans la forêt de la Maïris, à Lantosque. Sur un socle peint en vert, plusieurs exemplaires voisinent avec six coupes montrant l’intérieur du champignon. Chaque détail a été conservé pour permettre son étude longtemps après sa disparition dans la nature.

Ce moulage appartient à une collection de quelque 7 000 reproductions de champignons constituée au XIXe siècle par le naturaliste niçois Jean-Baptiste Barla. Pour fixer les formes et les couleurs de ces organismes éphémères, il s’était entouré de plusieurs collaborateurs, dont le peintre Vincent Fossat et le mouleur Victor Valporesi.

Le procédé demandait une précision remarquable. Les champignons frais étaient dessinés à l’aquarelle, moulés, puis leurs reproductions étaient mises en couleur d’après les observations réalisées sur les spécimens originaux.

Quand Nice étudiait sa propre nature

Fondé en 1846 dans le sillage des travaux d’Antoine Risso et de Jean-Baptiste Vérany, le Muséum est le plus ancien musée municipal de Nice.

Vérany rassemblait oiseaux, mollusques, fossiles et minéraux. Barla s’intéressait particulièrement aux plantes et aux champignons. Quant à Fossat, il produisit des milliers d’illustrations scientifiques, dont plus de 4 000 planches botaniques consacrées à la flore niçoise.

Les poissons de Méditerranée côtoient dans les collections les plantes des Préalpes, les champignons des vallées et les fossiles de la région. En quelques dizaines de kilomètres, les naturalistes pouvaient passer du littoral aux milieux montagnards.

Les collections constituées au XIXe siècle ont ensuite été enrichies jusqu’à dépasser le million de spécimens. Une grande partie est conservée dans les réserves, hors des salles d’exposition.

Montrer davantage, sans cesser de chercher

Le réaménagement doit permettre d’en présenter davantage. Le nouveau parcours annoncé par la Ville, intitulé « Des profondeurs au sommet », doit faire découvrir treize écosystèmes représentatifs du territoire niçois, depuis le monde marin jusqu’aux altitudes alpines.

La rénovation, chiffrée à 1,14 million d’euros dans le projet municipal, prévoit également de nouveaux espaces de médiation et une meilleure accessibilité. La Ville maintient le 14 octobre comme date de réouverture, mais n’a pas encore précisé quelles parties du nouveau parcours seront accessibles dès ce jour.

Le Muséum ne se limite pas à ses collections historiques. Ses équipes poursuivent des inventaires sur le terrain et des analyses en laboratoire. Elles participent notamment à l’Atlas de la biodiversité communale de Nice, mené de 2025 à 2027 avec la Métropole, le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Ligue pour la protection des oiseaux.

Le travail de collecte et d’identification continue donc dans les parcs, les jardins et les espaces naturels de la ville. En septembre, alors que les salles d’exposition étaient encore fermées, le Muséum proposait des visites de ses coulisses pour montrer comment se conserve ce patrimoine fragile.

Un musée à redécouvrir boulevard Risso

Installé au 60 bis boulevard Risso, près de la promenade du Paillon, le Muséum affiche un tarif ordinaire de 3,50 euros. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et pour les habitants de la Métropole munis du Pass Musées de Nice.

Les visiteurs ne découvriront qu’une fraction des collections. Mais parmi les milliers d’observations patiemment accumulées se trouve toujours le moulage des vesses-de-loup de Lantosque, réalisé d’après des champignons récoltés le 16 juin 1862 et conservé sur son socle vert.

Sources consultées
  1. Ville de NiceMuséum d’Histoire Naturelle
  2. Ville de NiceRéaménagement du Muséum d’Histoire Naturelle
  3. Ministère de la CultureMuséum d'histoire naturelle de Nice, notice Muséofile M7050
  4. Ministère de la CultureVesse-loup, notice Joconde M7050000235
  5. Academia NissardaVincent Fossat, Le Pays de Nice et ses Peintres au XIXe siècle
  6. Ville de NiceAtlas de la Biodiversité Communale de Nice