
La séquence n’était pas terminée mercredi 30 septembre. De nouveaux heurts étaient signalés dans la matinée à Nice autour de tentatives de blocage de lycées, notamment au Parc Impérial. Aucun nouveau bilan départemental consolidé attribué à la préfecture n’était disponible en début d’après-midi. Le dernier point complet reste donc celui rapporté mardi à 15 h 30 : 18 lycées perturbés dans six communes, une cinquantaine d’interpellations, 34 gardes à vue et quinze blessés légers, huit lycéens et sept policiers.
Ce bilan raconte autre chose qu’une simple mobilisation qui aurait grossi. Lundi, dix lycées avaient été perturbés dans le département, avec dix interpellations et deux élèves légèrement blessés. Mardi, le nombre d’établissements concernés est passé à 18, mais la préfecture indiquait, selon les comptes rendus publiés, que les lycéens mobilisés étaient moins nombreux que la veille. Les interpellations, elles, ont été multipliées par environ cinq.
Autrement dit, compter les lycées ne suffit pas à mesurer ce qui s’est passé. Mardi, le mouvement s’est étendu géographiquement tout en rassemblant moins d’élèves : sept établissements étaient concernés à Nice, quatre à Grasse, deux à Cagnes-sur-Mer, deux à Cannes, deux à Menton et un à Vence. Mais derrière ce total de 18 se cachent des situations très différentes.
Dans plusieurs établissements, les échanges entre élèves et personnels se sont déroulés sans incident majeur. Ailleurs, la matinée a basculé. À Menton, la préfecture a signalé, selon les comptes rendus publiés, une intrusion en nombre au lycée Pierre-et-Marie-Curie, rapidement contenue par les forces de sécurité. À Grasse, deux policiers ont été légèrement blessés. Cinq autres l’ont été à Menton. Les interpellations recensées concernaient notamment des jets de projectiles, des tirs de mortier d’artifice, des incendies, des dégradations, des outrages ou des violences.
Cette hétérogénéité montre les limites du chiffre de « 18 lycées touchés » pris isolément. Quelques dizaines d’élèves peuvent perturber l’accès à un grand établissement sans que la mobilisation départementale augmente. Inversement, un nombre limité de points de tension peut concentrer les blessures, les dégradations et les interventions policières. L’étendue géographique du mouvement et l’intensité des incidents sont donc deux mesures distinctes.
Les 34 gardes à vue doivent elles aussi être datées. Elles figuraient dans le point de situation rapporté mardi après-midi et ne signifient pas que 34 personnes étaient toujours retenues mercredi. Aucun bilan judiciaire consolidé plus récent n’était disponible mercredi après-midi. La préfecture avait parallèlement annoncé, selon Les Petites Affiches, que les chefs d’établissement devraient saisir les conseils de discipline lorsque des élèves impliqués dans les incidents seraient identifiés.
L’après-midi de mardi avait pourtant marqué un retour au calme dans le département. Les nouvelles tensions signalées mercredi à Nice montrent que ce retour au calme ne signifiait pas la fin du mouvement. Elles empêchent surtout de traiter le 29 septembre comme une journée isolée dont il suffirait désormais de compter les dégâts.
La prochaine échéance est déjà fixée. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent conjointement à de nouveaux blocages de lycées et d’universités jeudi 1er octobre, puis à une manifestation de la jeunesse le 6 octobre. Leur appel porte notamment sur les effectifs, les enseignants absents, les conditions d’apprentissage et les moyens accordés aux établissements.
Pour les Alpes-Maritimes, jeudi permettra donc de distinguer deux phénomènes que les chiffres de mardi avaient mêlés : la diffusion d’une mobilisation scolaire d’un côté, et la répétition ou non de foyers d’incidents de l’autre. Après trois jours de perturbations à Nice, Grasse, Menton, Cagnes-sur-Mer, Cannes et Vence, le nombre de grilles bloquées dira moins que ce qui se passera réellement devant elles.
Sources consultées
- AFP via BoursoramaBlocus des lycées : après une journée sous tension, les lycéens veulent maintenir la pression
- Les Petites Affiches des Alpes-MaritimesAlpes-Maritimes : plusieurs lycées bloqués, une cinquantaine d’interpellations
- PresseAgenceNICE : Blocages de lycées, tensions et nombreuses interpellations dans le département
- Le FigaroJets de projectiles, incendies et gardes à vue : à Nice, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas
- Union Étudiante et Union syndicale lycéenneAppel de l’USL et UE à bloquer les lycées et facs ce jeudi 1er octobre et à une grande manifestation de la jeunesse le 6 octobre