
Lundi 28 septembre, six étudiantes feront leur rentrée à la faculté de médecine de Nice dans une formation qui vise à porter une partie de la prévention sanitaire jusque dans les quartiers prioritaires. Le certificat universitaire Women for Women doit les préparer à animer des ateliers, transmettre des informations de santé et orienter d’autres femmes vers les bons services. C’est la première promotion niçoise de ce programme, porté par Université Côte d’Azur avec le CHU de Nice et la Maison des Femmes des Alpes-Maritimes.
Le cursus est destiné aux femmes issues des quartiers prioritaires et ne demande aucun niveau académique préalable. Il comprend 75 heures de cours magistraux, 25 heures de travaux dirigés et 5 heures de travaux pratiques, de septembre à janvier, puis un stage d’au moins 15 heures, qui peut être prolongé selon le projet professionnel. Santé sexuelle, violences faites aux femmes, périnatalité, santé mentale, addictions, nutrition ou santé bucco-dentaire figurent au programme. La fiche universitaire insiste aussi sur des compétences plus opérationnelles : construire un atelier, écouter une personne, l’accompagner et savoir vers quel relais social ou sanitaire l’orienter.
Les futures paires éducatrices n’ont pas vocation à remplacer des soignants. Elles doivent aider d’autres femmes à s’orienter entre l’hôpital, les associations, les dispositifs d’accès aux droits et les différents services de santé. L’université affiche une capacité de douze personnes pour la formation ; cette première promotion en réunit six. Les frais sont pris en charge par la Maison des Femmes grâce à des financements publics et privés.
Nice reprend ici un dispositif créé à Marseille en 2023. Là-bas, les étudiantes passent elles aussi de l’enseignement aux ateliers organisés avec des associations implantées dans les quartiers. La Maison des Femmes Marseille Provence indique que ses deux premières promotions ont diplômé 19 femmes, mené 154 ateliers et touché environ 1 100 femmes. Ces chiffres sont ceux de l’organisme qui porte le programme, mais ils montrent l’échelle recherchée : quelques femmes formées peuvent ensuite multiplier les interventions de proximité.
À Nice, le dispositif commence à petite échelle. Il ajoute au système existant des relais capables de transmettre des informations de santé, d’organiser des ateliers et d’orienter les habitantes vers les bons interlocuteurs. Les associations et quartiers où interviendront exactement les six étudiantes ne sont pas encore détaillés dans l’annonce de lancement. Après les cours du Campus Pasteur, les premiers ateliers dans Nice diront ce que ces six relais peuvent réellement apporter.