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À Sophia Antipolis, Festlik veut faire coopérer drones et robots dans les cultures

Lauréat i-PhD 2026, Festlik mène des essais avec Sophia Agrobiotech et a acquis des données multispectrales en conditions réelles. Le système complet reste à démontrer.

Drone et robot dans les cultures

À Sophia Antipolis, Festlik veut partager le travail entre deux machines : au drone la vue d’ensemble d’une parcelle, au robot terrestre l’examen rapproché des plantes qui méritent une inspection. Le projet porté par Enrico Fiasché et Hela Hadhri, issu de l’équipe ACENTAURI d’Inria, fait partie des 40 lauréats du concours national i-PhD 2026.

L’intérêt du dispositif tient à cette différence d’échelle. Une caméra embarquée sur un drone peut rapidement repérer des variations sur une grande surface. Festlik travaille notamment sur des images multispectrales, qui enregistrent plusieurs bandes de lumière et peuvent révéler des différences dans l’état de la végétation. Les modèles d’intelligence artificielle doivent ensuite repérer et hiérarchiser les zones suspectes, avant qu’un robot au sol ne recueille des données plus fines à l’échelle de la plante. Le Centre Inria d’Université Côte d’Azur cite notamment le stress hydrique et les maladies parmi les phénomènes recherchés.

Cette architecture reste en développement, mais Festlik a déjà dépassé le seul stade du schéma de principe. Selon Stéphanie Morales, qui pilote localement le programme Inria Startup Studio, des expérimentations sont menées avec l’Institut Sophia Agrobiotech pour tester les méthodes sur le terrain et enrichir les données collectées. Une autre communication du programme indique que des données multispectrales ont été acquises à l’échelle foliaire en conditions réelles. L’équipe cherche désormais d’autres exploitations, coopératives et instituts techniques pour multiplier ces terrains d’essai.

Il manque encore la preuve décisive. Aucun résultat public ne donne pour l’instant la précision avec laquelle Festlik distingue un stress hydrique, une maladie ou une carence, ni les performances d’un système complet faisant réellement coopérer drone et robot terrestre dans une parcelle. Une offre de recrutement publiée par Inria décrit d’ailleurs encore comme objectif le développement d’un prototype logiciel transformant les données acquises par ces robots en indicateurs agronomiques exploitables.

Le projet s’appuie toutefois sur plusieurs années de recherche. La thèse d’Enrico Fiasché chez ACENTAURI portait sur les systèmes multi-robots hétérogènes, avec des applications en environnement forestier. Ses travaux publiés depuis 2024 portent notamment sur la commande robotique à partir d’images multispectrales et sur la coordination de plusieurs robots. Inria Startup Studio référençait d’ailleurs initialement Festlik comme un système associant drones et robots terrestres pour assister les forestiers. Le passage vers les cultures transpose donc à l’agriculture des briques techniques développées dans un autre milieu naturel.

Le prix i-PhD correspond exactement à ce stade : il distingue des jeunes chercheurs qui cherchent à transformer leurs travaux en entreprise et leur ouvre un an d’accompagnement. Il ne valide pas les performances du produit. Pour Festlik, le prochain cap se joue désormais moins sur un podium qu’entre Sophia Antipolis et les parcelles d’essai : montrer que des données multispectrales, de l’IA et deux types de robots peuvent effectivement produire des indicateurs agronomiques assez fiables et utiles pour intéresser un agriculteur.

Sources consultées
  1. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la RechercheFrance 2030 : 109 lauréats récompensés lors de la cérémonie 2026 des concours d’innovation de l’État
  2. Centre Inria d’Université Côte d’AzurPublication sur Festlik après le prix i-PhD
  3. InriaImage and Data Analysis Engineer for Crop Health Monitoring
  4. Inria Startup StudioPortfolio
  5. Inria, équipe ACENTAURIRapport annuel d’activité 2024