
La 48e édition des Régates Royales a ouvert samedi 19 septembre à Cannes. Le calendrier du Comité international de la Méditerranée inscrit sa séquence cannoise du 21 au 26 septembre. Avant et après les courses, les vieux yachts sont à voir au Vieux Port, gréés pour reprendre la mer.
Panerai annonce notamment à Cannes Eilean, un ketch bermudien de 22 mètres construit en 1936 par les chantiers écossais Fife of Fairlie. Retrouvé très dégradé à Antigua en 2006, il a été restauré pendant près de deux ans et demi puis remis à l’eau en 2009. Une partie du bordé d’origine en teck, la structure métallique, le cockpit en teck et des équipements en bronze ont été conservés ou restaurés. Pour ses 90 ans, Panerai le fait revenir cette saison sur le circuit des régates classiques et annonce son passage à Cannes pour les Régates Royales.
Ce genre de bateau n’est pas conservé seulement pour sa silhouette. Le règlement du Comité international de la Méditerranée classe notamment les yachts d’époque lancés avant 1950 et les classiques construits entre 1950 et 1975. Sa jauge tient compte, parmi d’autres paramètres, de l’authenticité du bateau. Restaurer ou améliorer un yacht ancien n’est donc pas neutre dans son classement : certaines caractéristiques historiques continuent de compter lorsqu’il retourne en compétition.
À Cannes, cette pratique a des racines étonnamment profondes. Les Archives municipales font remonter la première régate locale au 25 avril 1859. Son succès conduit la Ville à accorder 300 francs par an pour poursuivre les courses. Dès janvier 1860, une Société des Régates possède ses statuts, son pavillon et son règlement ; un Cercle nautique ouvre sur la Croisette en 1864. Le CIM lui-même est fondé à Cannes en 1926 pour organiser et réglementer les régates méditerranéennes. Son centenaire donne donc à cette édition 2026 une résonance particulière.
L’histoire nautique cannoise ne tient ainsi pas seulement à l’ancienneté de ses clubs ou à la beauté des bateaux alignés dans le port. Elle tient à la continuité d’une pratique : entretenir des coques, préserver des gréements, transmettre des manœuvres et continuer à mesurer ces yachts les uns aux autres sur l’eau.
Le public peut les observer avant et après les courses aux quais Saint-Pierre et Laubeuf ; le village des Régates est annoncé ouvert gratuitement de 9 h à 19 h. Cette semaine, le patrimoine maritime cannois ne restera donc pas derrière une corde ou sous une vitrine : après le quai, il repart dans la baie.