
Sur la Promenade des Anglais, le Palais de l’Agriculture fête ses 125 ans avec une particularité assez rare : l’association qui l’a fait construire l’occupe toujours. Ce dimanche 20 septembre, de 10 h à 18 h, la Société centrale d’agriculture et d’horticulture de Nice et des Alpes-Maritimes ouvre gratuitement le bâtiment, sans inscription préalable, avec visites guidées et stands de ses différentes sections.
L’histoire commence bien avant le Palais. La société est fondée le 14 juin 1860, le jour de la prise de possession officielle de Nice par la France, tout en prolongeant des organismes qui existaient sous le royaume de Piémont-Sardaigne. Elle reçoit alors une mission de formation professionnelle des agriculteurs et rassemble aussi des botanistes amateurs, notamment autour de l’acclimatation d’espèces dans un département dont le climat se prête particulièrement à ces expérimentations.
Quarante ans plus tard, elle se construit une maison. La Ville met à disposition un terrain issu de la couverture du Magnan. Paul Martin, ingénieur des Arts et Métiers et secrétaire général de la société, dessine le bâtiment, édifié en 1900-1901 et inauguré le 8 avril 1901 par le président Émile Loubet. Plafonds peints, stucs, ferronneries, céramiques et sols de grès aux motifs différents selon les pièces donnent à ce siège associatif des allures de palais. Inscrit au titre des monuments historiques depuis 1991, il reste l’un des témoins de la Belle Époque sur la Promenade.
En 1998, la Ville demande à la SCAH de libérer le terrain qu’elle lui avait concédé en 1900. Après onze ans de contentieux, le Conseil d’État annule en 2009 l’arrêt d’appel défavorable à l’association et juge la commune non fondée à contester le jugement initial. Dans les mêmes années, la SCAH entreprend une restauration de longue haleine du bâtiment.
La formation professionnelle agricole appartient désormais à l’histoire de la société, mais les savoirs liés aux plantes continuent d’y circuler. En 2026, Joël Besnard et son équipe animent toujours les activités de jardinage, Marc Bottin celles de botanique et Nathalie Caron la grainothèque. Les pratiques ne restent pas enfermées au Palais : en février, 28 adhérents se sont retrouvés à Carros autour des salades sauvages, des tailles et des plantations ; en mars, un groupe explorait avec Marc Bottin le jardin botanique Hanbury, à la frontière italienne.
Cours, sorties, bibliothèque, botanique, cactées ou art floral ont remplacé une partie des fonctions agricoles du XIXe siècle, mais le goût de l’observation et de la transmission a survécu. Cela donne du relief aux portes ouvertes de ce dimanche. Au 113, promenade des Anglais, on peut entrer dans un bâtiment que beaucoup de Niçois ne connaissent que de façade et retrouver, sous ses plafonds peints, une société née il y a 166 ans qui continue à parler de graines, de plantes et de jardins.
Sources consultées
- Société Centrale d’Agriculture et d’Horticulture de Nice et des Alpes-MaritimesAccueil
- Société Centrale d’Agriculture et d’Horticulture de Nice et des Alpes-MaritimesQui sommes-nous en 2026 ?
- Ministère de la CultureNice - Palais de l'Agriculture
- Inventaire général du patrimoine culturel - Région SudSiège d'association dit Palais de l'Agriculture
- Conseil d’ÉtatConseil d'État, 5 février 2009, n° 305021