
À la Figueirette, un chantier expérimental de restauration de l’herbier de posidonie peut démarrer ce 15 septembre et se poursuivre jusqu’au 9 octobre. L’autorisation maritime fixe cette fenêtre d’intervention. Un autre arrêté préfectoral autorise NaturDive à récupérer, manipuler et suivre des fragments de Posidonia oceanica sur deux stations, à Antibes et Théoule-sur-Mer.
Cette fois, Théoule n’est pas seulement le décor d’une opération de sensibilisation à la vie marine. NaturDive a annoncé cet été que son programme PRIME, mené jusqu’ici à l’Écomusée sous-marin de Cannes, poursuivrait ses opérations à Théoule à partir de l’automne. La Figueirette devient donc un nouveau terrain pour une technique de restauration déjà pratiquée à quelques kilomètres de là.
À Cannes, le principe consiste à récupérer des fragments de posidonie déjà détachés de l’herbier, notamment par les ancres ou les tempêtes, plutôt qu’à prélever des plants sains. Après contrôle, NaturDive les replante dans des secteurs dégradés, principalement sur de la matte morte, et les fixe avec des agrafes métalliques. Les carrés restaurés sont ensuite suivis chaque année pendant cinq ans. En octobre 2025, l’association annonçait 2 735 m² restaurés et observait, sur certains carrés plantés un an auparavant, la formation de racines et une densité de faisceaux stable.
La méthode dispose aussi d’un recul expérimental publié. Une étude parue en 2025 après trois ans d’expérimentation en baie de Calvi a comparé 693 boutures. Les fragments trouvés en dérive se sont comportés aussi bien que ceux prélevés dans un herbier donneur. Parmi trois systèmes de fixation testés, les agrafes métalliques ont donné les meilleurs résultats globaux pour la survie, l’enracinement et le coût. Dans les meilleures conditions, la survie dépassait 80 %. Les chercheurs constataient toutefois qu’après 36 mois les plants restaurés différaient encore d’un herbier naturel.
Cette différence explique l’intérêt du passage à Théoule. Le problème technique n’est plus seulement de savoir si un fragment peut être refixé au substrat et survivre. Il faut désormais observer comment la restauration se comporte sur un autre site, puis suivre son évolution assez longtemps pour savoir si l’herbier regagne réellement du terrain.
À la Figueirette, la surface à traiter, le nombre de fragments et le mode précis de fixation n’ont pas encore été publiés. Les sources disponibles établissent en revanche que NaturDive est autorisée à travailler à Théoule sur des fragments déjà détachés et que PRIME y ouvre une nouvelle phase cet automne.
Le 9 octobre ne donnera donc pas le résultat de l’expérience. Il marquera seulement la fin de cette première fenêtre de chantier à la Figueirette. Pour les fragments replantés, le test se poursuivra ensuite pendant plusieurs années sous l’eau.
Sources consultées
- Préfecture maritime de la MéditerranéeArrêté préfectoral n° 2026-364 relatif au chantier expérimental de restauration de l’herbier de posidonies à Théoule-sur-Mer
- Préfecture des Alpes-MaritimesDérogation à la réglementation relative aux espèces protégées au bénéfice de NaturDive
- NaturDiveClap de fin pour la replantation de l’herbier de posidonie à Cannes
- NaturDiveProjet PRIME pour préserver les herbiers de posidonie
- Science of the Total EnvironmentComparative assessment of transplantation methods and donor sources for the restoration of Posidonia oceanica meadows
- Les Petites Affiches des Alpes-MaritimesÀ Théoule-sur-Mer, un chantier de restauration de l’herbier de posidonie