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Vol au musée Renoir : les deux tableaux encore recherchés étaient déjà revenus d’Allemagne après 1945

Deux Renoir restent recherchés après le cambriolage des Collettes. Tous deux sont des MNR revenus d’Allemagne après 1945 ; l’un est considéré comme probablement spolié.

Illustration - tableaux du musée Renoir

Quatre Renoir ont été emportés mardi 8 septembre à l’aube au musée des Collettes, à Cagnes-sur-Mer. Deux ont été abandonnés dans le jardin pendant la fuite : Portrait de Madame Stephen Pichon et Coco lisant. Deux autres restent recherchés : Madame Colonna Romano et Jeune femme au puits.

Ces quatre tableaux avaient un point commun peu visible pour le visiteur : ils étaient tous exposés dans la chambre M. Gangnat et tous déposés à Cagnes par le musée d’Orsay. Les deux œuvres encore manquantes avaient été déposées aux Collettes en 1995, après un parcours commencé bien avant la création du musée cagnois.

Toutes deux portent un numéro MNR, pour « Musées nationaux récupération ». Ce sigle désigne des œuvres retrouvées principalement en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, rapportées en France mais qui n’ont pas intégré les collections nationales ordinaires. Leur provenance continue d’être étudiée afin de permettre une restitution lorsqu’un propriétaire spolié ou ses ayants droit peuvent être identifiés. Être MNR ne signifie donc pas automatiquement qu’une œuvre a été volée pendant l’Occupation.

Madame Colonna Romano, MNR 204, illustre cette nuance. Le tableau se trouvait encore dans l’atelier de Renoir à sa mort en 1919. Acheté à la succession du peintre en 1939, il est revendu l’année suivante à l’ambassade d’Allemagne à Paris. Après avoir circulé en Allemagne, il est saisi à Brême après la guerre puis rapatrié en France en 1947. La base Rose-Valland du ministère de la Culture le classe aujourd’hui comme une œuvre « assurément non spoliée ». Après plusieurs dépôts à Nice, il rejoint le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer en 1995.

Jeune femme au puits, petite huile sur bois peinte vers 1886 et enregistrée sous le numéro MNR 579, conserve une histoire plus trouble. Les recherches du ministère indiquent qu’elle a peut-être été acquise par l’organisation allemande « Otto », active sur le marché de l’art français pendant l’Occupation, ou saisie en France par l’un de ses responsables. Retrouvée chez un particulier en Bavière en 1949, elle est rapatriée la même année. Rose-Valland la classe, en l’état des recherches, comme « probablement spoliée ». Elle est elle aussi déposée aux Collettes depuis 1995.

La présence de ces œuvres aux Collettes tient aussi à l’histoire du lieu. La Ville a acquis en 1960 la dernière demeure du peintre auprès de son fils Claude. Elle y conserve aujourd’hui le mobilier familial, le chevalet, le fauteuil roulant, des photographies, des sculptures et treize toiles originales. Les dépôts des grands musées nationaux ont progressivement enrichi cette maison restée attachée à la vie cagnoise de Renoir.

Le musée est habituellement fermé le mardi. Au moment de la publication, son site affiche toujours une ouverture mercredi à 10 h, sans communication spécifique sur les conséquences du cambriolage pour l’accueil du public.

Depuis leur dépôt à Cagnes en 1995, Madame Colonna Romano et Jeune femme au puits étaient accrochés dans la même chambre des Collettes. Mardi matin, deux des quatre tableaux emportés de cette pièce ont été retrouvés dans le jardin. Les deux MNR, eux, manquent encore.

Sources consultées
  1. ReutersThieves steal Renoir paintings from French Riviera museum
  2. Musées de Cagnes-sur-MerMadame Colonna Romano
  3. Musées de Cagnes-sur-MerJeune femme au puits
  4. Ministère de la Culture, base Rose-VallandPortrait de Mme Colonna Romano, MNR 204
  5. Ministère de la Culture, base Rose-VallandFemme au puits, MNR 579