
Le satellite météorologique MTG-I2 a décollé le 27 août à bord d’Ariane 6 depuis la Guyane française. Avant ce départ vers l’orbite géostationnaire, une partie décisive de sa préparation s’était déroulée à Cannes, dans les salles blanches de Thales Alenia Space. Le satellite les a quittées au printemps avant d’embarquer au port de Nice le 27 mai pour rejoindre le centre spatial guyanais.
À Cannes, ses deux instruments, le Flexible Combined Imager et le Lightning Imager, avaient d’abord été montés sur la plateforme. Puis le satellite a été placé dans une chambre à vide thermique, soumis aux conditions extrêmes qu’il rencontrera en orbite, avec des températures pouvant aller d’environ -180 °C à +150 °C. Des essais de vibrations ont reproduit les contraintes du lancement. Une dernière campagne a vérifié que les fréquences radio utilisées pour communiquer avec le sol ne perturberaient ni les instruments ni leurs mesures.
À Cannes, les équipes ont ainsi fait fonctionner ensemble des équipements issus d’un programme européen, puis vérifié que le satellite pouvait supporter le lancement et fonctionner en orbite. L’ESA désigne Thales Alenia Space France comme maître d’œuvre du consortium industriel MTG. Le programme associe notamment OHB System en Allemagne et Leonardo en Italie.
Cette qualification sert une amélioration précise de l’observation météo. MTG-I2 doit assurer le balayage rapide de l’Europe avec une nouvelle observation toutes les deux minutes et demie. Avec Meteosat Seconde Génération, le service équivalent fournissait une nouvelle image toutes les cinq minutes. Le gain intéresse surtout la prévision à très court terme : suivre la naissance et l’évolution d’une cellule orageuse demande des images rapprochées, car sa structure peut changer rapidement entre deux passages. Le second instrument du satellite observe en continu l’activité électrique des orages.
Le lancement réussi ne signifie pas encore que ce nouveau service est disponible. Après sa séparation d’Ariane 6, MTG-I2 a établi le contact avec une station au sol. Environ deux semaines de manœuvres doivent maintenant l’amener vers son orbite géostationnaire, avant une phase de recette en vol. Eumetsat l’exploitera une fois cette étape terminée.
À Cannes, les équipes avaient terminé leur part du travail plusieurs mois plus tôt : livrer un satellite intégré, éprouvé et contrôlé, prêt à supporter le lancement puis des années à quelque 36 000 kilomètres d’altitude.
Sources consultées
- European Space AgencySecond MTG-Imager satellite passes thermal vacuum test
- European Space AgencyNext MTG satellite passes final environmental tests
- European Space AgencyMTG-I2 embarks on journey to Europe’s Spaceport
- European Space AgencyMTG-I2 completes Europe’s latest weather trio
- EUMETSATLaunches and orbits