
La Communauté d’agglomération Sophia Antipolis ouvre cet automne la préparation de son Plan de Mobilité 2030-2040. Six ateliers, du 22 septembre au 5 novembre, doivent d’abord établir le diagnostic puis discuter du plan d’actions, séparément pour le littoral, le Moyen-Pays et le Haut-Pays.
Cette division répond à un paradoxe assez parlant. L’enquête mobilité 2023 comptabilise 537 500 déplacements quotidiens effectués entièrement dans la CASA. Parmi eux, 59 % font moins de 3 km. Pourtant, la voiture représente encore 58 % des déplacements, contre 31 % pour la marche et 1,5 % pour le vélo.
À première vue, ces trajets courts semblent offrir une marge considérable pour réduire l’usage de la voiture. Mais la moyenne mélange des territoires qui ont peu en commun.
La CASA réunit 24 communes sur 483 km². Environ 70 % de ses 180 000 habitants vivent sur le littoral, la partie la plus dense et urbanisée. Quelques dizaines de kilomètres plus au nord, le territoire atteint près de 1 800 mètres au sommet du Cheiron et traverse des villages beaucoup moins denses. Entre les deux, quelque 44 500 personnes travaillent à Sophia Antipolis.
Ces trois géographies n’appellent pas les mêmes réponses. À Antibes et sur le littoral, la densité et la brièveté de nombreux déplacements donnent davantage de possibilités à la marche, au vélo ou à des transports collectifs fréquents. Autour de Sophia, il faut absorber les déplacements vers un immense pôle d’emploi. Dans le Haut-Pays, les distances, le relief et la faible densité rendent beaucoup plus difficile la reproduction d’un réseau urbain.
Le futur plan devra précisément décider où l’automobile peut réellement être remplacée et où la dépendance à la voiture doit plutôt être réduite ou organisée autrement. C’est une question de transports, mais aussi de répartition des moyens : une ligne fréquente, un itinéraire cyclable, du covoiturage ou un service adapté aux secteurs peu denses ne répondent ni aux mêmes usages ni aux mêmes coûts.
La CASA avait déjà engagé ce travail. Son Plan de déplacements urbains de 2008 avait été révisé et un nouveau projet arrêté en décembre 2019, après une concertation ayant réuni plus de 1 150 participants. L’enquête publique prévue en juin 2020 n’a toutefois pas pu avoir lieu avec la crise sanitaire. Entre-temps, la loi d’orientation des mobilités avait remplacé les PDU par les Plans de Mobilité à partir de 2021, avec de nouvelles exigences sur le climat, les mobilités actives et l’accès aux services dans les territoires peu denses.
Le nouveau PDM reprend donc un travail resté inachevé. Les choix d’investissement et les objectifs du futur plan ne sont pas encore arrêtés : les ateliers de septembre porteront sur le diagnostic et ceux de novembre sur les actions.
Ce travail est par ailleurs distinct du SERM azuréen, qui organise à une échelle plus large l’articulation entre ferroviaire et autres réseaux de transport. Le Plan de Mobilité de la CASA doit, lui, arbitrer les déplacements quotidiens à l’intérieur de ses 24 communes.
Les habitants peuvent s’inscrire aux ateliers et aux enquêtes en ligne. Les trois premiers rendez-vous donneront immédiatement la mesure du territoire à réunir dans un seul plan : Sophia Antipolis le 22 septembre, Le Bar-sur-Loup le 23 et Antibes le 24.
Sources consultées
- Communauté d’Agglomération Sophia AntipolisInscription aux ateliers participatifs pour élaborer le Plan de Mobilité 2030-2040
- Communauté d’Agglomération Sophia AntipolisEnquête Mobilité sur le territoire de la CASA
- CASA 2040Géographie du territoire
- Communauté d’Agglomération Sophia AntipolisLe Plan de Déplacements Urbains