
Samedi 5 septembre, le pressoir ressortira place du Safranier, dans le Vieil Antibes. De 18 h à 20 h, la Commune Libre du Safranier y organisera ses vendanges : le raisin sera pressé sur place et le jus de la treille, « cuvée 2026 », proposé à la dégustation. L’accès est libre.
Il y a le raisin, mais surtout l’habitude de se retrouver. Depuis soixante ans, la Commune Libre rythme l’année du quartier avec des rendez-vous qui ont leurs gestes, leurs plats et parfois leur fantaisie : aïoli, soupe au pistou, châtaignes, bûche de Noël, boules carrées et vendanges. Les archives de l’association montrent les pressoirs des années précédentes, les grappes versées devant les habitants et les verres remplis du jus fraîchement extrait.
La Commune Libre a été fondée en 1966 avec une idée assez simple : organiser des fêtes, maintenir certaines traditions et renforcer les liens entre voisins. Elle a même ses propres codes municipaux, jusqu’à un « maire », sans se substituer à la municipalité d’Antibes.
Le Safranier n’a d’ailleurs pas inventé cette formule. Les communes libres sont des associations de quartier présentes dans plusieurs villes françaises, avec leurs élus symboliques et leurs propres rituels. Celle du Safranier a participé en 1989 à la création de leur association nationale. Mais cette histoire française tient ici dans quelques rues, entre la Tourraque et le Haut Castelet.
C’est ce qui donne aux vendanges un intérêt dépassant largement la quantité de jus produite. La vigne n’est pas le sujet économique du Safranier. Le pressoir est d’abord le centre du rendez-vous, un geste visible et répété qui ramène la fête à l’échelle de la place.
À soixante ans, la Commune Libre continue ainsi d’entretenir ce calendrier commun. Samedi soir, au Safranier, il prendra simplement la forme de grappes, d’un pressoir et de verres de jus distribués sur la place.