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Aux Merveilles, 3,5 millions d’euros pour refaire le refuge sans ajouter de lits

À Tende, le refuge des Merveilles doit être rénové pour 3,5 millions d’euros sans augmenter sa capacité, avec une fermeture envisagée de 2027 au printemps 2029.

Refuge des Merveilles dans le Mercantour

Au bord du lac Long Supérieur, le refuge des Merveilles ressemble aujourd’hui à trois bâtiments mis bout à bout. Une première bâtisse de pierre a été construite en 1913 pour les ouvriers du barrage, puis agrandie en 1970 et en 2000. Plus d’un siècle après ses débuts, la FFCAM prévoit de reprendre l’ensemble pour 3,5 millions d’euros.

La fédération ne prévoit pas pour autant d’augmenter la capacité d’hébergement. Elle veut conserver la capacité existante et une emprise au sol constante, au cœur du parc national du Mercantour, à proximité de la zone archéologique du mont Bégo. Or le lieu est loin d’être confidentiel. Le refuge accueille environ 8 000 nuitées par an. Son hébergement compte actuellement 79 couchages, auxquels s’ajoutent les randonneurs qui passent dans la journée.

C’est ce petit monde qu’Aude Pasquier et Yann Bonneville accueillent pendant la saison estivale. Le refuge est posé sur le GR52, à 2 130 mètres, près des gravures rupestres du mont Bégo. Il sert d’étape aux itinérants, de point de départ vers le site archéologique, accueille des familles et des groupes scolaires, et donne aussi accès au Grand Capelet, à la Cime du Diable ou aux autres refuges du Mercantour. La rénovation porte donc moins sur la taille du lieu que sur la façon de faire tenir tous ces usages dans le même bâtiment.

Les quatre dortoirs actuels doivent ainsi laisser place à sept chambres collectives, de 6 à 22 places. La partie historique en pierre restera apparente, tandis que les volumes plus récents seront réunifiés par un bardage en bois et de nouvelles toitures. La salle commune sera tournée vers le lac et le Bégo. Cuisine, réserves, vestiaire-séchoir et espaces des gardiens seront eux aussi réorganisés.

Un choix résume assez bien ce que devient le confort dans un refuge de haute montagne : les douches doivent disparaître. Elles seront remplacées par des cabines permettant de faire sa toilette. La FFCAM veut ainsi économiser l’eau, l’énergie nécessaire pour la chauffer et le traitement des eaux grises. Des toilettes sèches sont également prévues, tandis que panneaux solaires et chaudière à bois doivent couvrir une partie des besoins du bâtiment.

Dépenser 3,5 millions d’euros pour conserver à peu près la même capacité peut sembler paradoxal. Aux Merveilles, c’est précisément la contrainte : continuer à faire dormir chaque année des milliers de personnes dans un lieu accessible seulement à pied, au cœur d’un paysage et d’un patrimoine archéologique protégés, sans simplement pousser les murs.

Le chantier pourrait commencer à l’été 2027 si les autorisations, les entreprises et les financements sont réunis. Dans ce cas, le refuge fermerait à partir de la fin du printemps 2027, avec une réouverture prévue au printemps 2029. En attendant, il reste ouvert pour la saison 2026. Pour quelques mois encore, les randonneurs dormiront donc dans les quatre dortoirs du refuge actuel, face au lac Long Supérieur et au mont Bégo.

Sources consultées
  1. Fédération française des clubs alpins et de montagneRénovation du refuge des Merveilles
  2. Refuge des Merveilles - FFCAMRefuge des Merveilles
  3. Parc national du MercantourRefuge des Merveilles, saison estivale