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Marineland : Beauval renonce, huit dauphins restent sans destination française

Le centre de Beauval devait accueillir en 2027 huit dauphins transférés provisoirement d’Antibes vers l’Espagne. Son abandon fait disparaître leur destination française prévue.

Illustration - Dauphins dans un bassin

Le départ de huit dauphins de Marineland en juillet n’avait réglé que la première moitié du problème. Transférés d’Antibes à Benalmádena, près de Malaga, ils devaient ensuite revenir en France. Cette destination vient de disparaître : le ZooParc de Beauval a annoncé mardi 25 août l’abandon du centre conçu pour les accueillir.

Le projet était déjà précisément défini. Sollicité par l’État en 2025, Beauval préparait un ensemble de 25 000 m², avec plus de 30 000 m³ d’eau de mer reconstituée répartis entre lagons, bassins de soins et espaces d’observation. L’ouverture était prévue en avril 2027. Le coût, initialement estimé entre 25 et 30 millions d’euros, était désormais évalué à 45 millions par le parc.

Beauval explique son retrait par les recours engagés contre le projet et l’incertitude financière qu’ils entretiennent. Rodolphe Delord, son directeur, affirme également que le gouvernement a refusé qu’une partie du financement bénéficie d’une garantie de l’État. Le cabinet du ministre délégué à la Transition écologique a de son côté regretté l’abandon du centre, qui devait accueillir durablement les dauphins concernés.

En décembre 2025, le scénario retenu prévoyait encore de maintenir les dauphins à Marineland jusqu’à l’ouverture de Beauval et excluait leur départ vers l’Espagne. En mai, devant la dégradation des installations et faute de sanctuaire européen immédiatement disponible, l’État a changé de solution : l’Espagne devenait une étape transitoire, huit dauphins devant ensuite rejoindre Beauval.

Leur transfert depuis Antibes a finalement eu lieu dans la nuit du 22 au 23 juillet. Un mois plus tard, la destination prévue pour la suite a disparu. Aucune autre solution française de remplacement n’a été annoncée ce 25 août. L’hypothèse de futurs transferts vers l’Asie est évoquée par Rodolphe Delord, mais elle ne correspond à aucune destination arrêtée par les pouvoirs publics.

À compter de décembre 2026, les spectacles de cétacés seront interdits en France et leur maintien en captivité ne sera permis que dans les cadres dérogatoires prévus par la loi. Il faut donc aussi des bassins, des équipes vétérinaires, des autorisations et des financements pour accueillir les animaux déjà captifs. Le centre de Beauval devait fournir une partie de cette capacité.

Pour huit dauphins partis d’Antibes il y a à peine plus d’un mois, l’Espagne était présentée comme une étape. Depuis mardi, cette étape n’a plus de point d’arrivée français identifié.

Sources consultées
  1. ZooParc de BeauvalCentre d’Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins : les raisons de la décision de Beauval
  2. Ministère de la Transition écologiqueCréation d’un centre de référence pour la protection des dauphins au ZooParc de Beauval, une réponse concrète à la transition des delphinariums en Europe
  3. Ministère de la Transition écologiqueAvenir des cétacés de Marineland : Mathieu Lefèvre annonce que les feux sont au vert côté État pour leur transfert
  4. LégifranceArticle L. 413-12 du code de l’environnement et arrêté du 28 juin 2024
  5. AFP via BoursoramaLe zoo de Beauval renonce à accueillir les dauphins du Marineland d’Antibes