
En 1984, Sophia Antipolis accueillait la première conférence mondiale de l’IASP, le réseau international des parcs scientifiques. Quarante-deux ans plus tard, le rendez-vous revient du 27 au 30 octobre entre Cannes et Sophia. Son programme désormais détaillé montre ce qu’une technopole doit aujourd’hui savoir organiser.
Sophia avait été pensée dès 1969 autour de la « fertilisation croisée » entre chercheurs, ingénieurs, enseignants et industriels. Le principe demeure, mais les moyens se sont multipliés. L’IASP elle-même réunit aujourd’hui non seulement des parcs scientifiques et technologiques, mais aussi des « districts d’innovation » et d’autres territoires organisés pour rapprocher recherche, entreprises et entrepreneurs.
Cinq séances plénières et seize sessions parallèles ne portent pas seulement sur des technologies à développer. Elles abordent l’IA responsable, les compétences, l’inclusion, la santé, le climat, la gouvernance ou encore la reconversion de friches. Le travail ne consiste plus seulement à attirer de la technologie sur un site : il faut aussi savoir organiser son passage vers des usages, des entreprises et des infrastructures.
Les visites prévues à Sophia rendent cette évolution beaucoup moins abstraite. À l’ETSI, installé sur la technopole, le sujet est la normalisation : l’organisme a contribué aux standards des télécommunications de la 2G à la 5G et travaille désormais sur la 6G, la cybersécurité, l’IA et les technologies post-quantiques. Au CSTB, un laboratoire semi-virtuel unique en France permet de tester pompes à chaleur, batteries ou autres systèmes énergétiques en les couplant à la simulation dynamique d’un bâtiment.
Un autre parcours passe par l’IPMC, laboratoire CNRS, Université Côte d’Azur et Inserm dont 22 équipes travaillent de la molécule à l’organisme, notamment en pharmacologie, génomique et physiologie. Amadeus apporte le volet logiciel du voyage. Sur quelques kilomètres se côtoient ainsi recherche fondamentale, essais, logiciel, standards techniques, formation et création d’entreprises.
Une pièce s’est ajoutée cette année. Inauguré fin janvier à Biot, ALPHA rassemble sur 8 500 m² plus de 60 startups, plusieurs incubateurs, des structures d’accompagnement et la Maison de l’Intelligence Artificielle. Passerelles intérieures, terrasses et espaces partagés ont été conçus pour multiplier les rencontres entre leurs occupants. Pour l’instant, son occupation est mesurable ; son effet sur les collaborations et les projets ne l’est pas encore.
C’est dans ce bâtiment que l’IASP lancera ses rendez-vous à Sophia le 27 octobre, avant un après-midi de sessions à SKEMA le lendemain. Les congressistes auront alors sous les yeux ce que la technopole a accumulé depuis leur première venue en 1984 : des laboratoires, des organismes de normalisation, des grands groupes, des écoles et, désormais, un bâtiment entier consacré à les rapprocher.