
Mercredi 12 août à 21 heures, six chars fleuris défileront avenue Francis-Tonner à Cannes La Bocca, accompagnés de danseurs et de musiciens. La parade ouvre la Saint-Barthélemy, dont les festivités se poursuivront du 16 au 22 août avec cérémonie, pétanque, spectacles et soirées. La fête porte aussi la mémoire des verriers qui ont contribué à faire naître le quartier.
Les Archives municipales situent l’installation de la verrerie Barthélémy à La Bocca en 1857, près de l’actuelle église Sainte-Marguerite. Trois bâtiments, une haute cheminée puis une cité ouvrière apparaissent autour des fours. L’usine fait vivre une cinquantaine de familles, auxquelles s’ajoutent forestiers, charretiers et vanniers. Le sable de Pierre-Longue entre dans la fabrication des bouteilles. La Bocca grandit alors avec son industrie du verre.
Joseph Barthélémy, fondateur de la verrerie de La Bocca, meurt en 1867. Aujourd’hui encore, la Ville présente la fête comme un hommage à sa mémoire. Au square qui porte son nom, une plaque conservée par les Archives porte cette inscription : « Les ouvriers reconnaissants », avec la date du 24 août 1879.
Les Mémoires Boccassiennes rattachent la Saint-Barthélemy aux anciens ouvriers de la verrerie. Leur récit évoque un carnaval où les verriers se noircissaient le visage à la suie, s’habillaient de longues chemises et gagnaient Cannes sur des chars à bancs, accompagnés d’un orchestre volontairement tapageur. La date de naissance exacte de cette tradition reste incertaine.
Le Comité de la fête patronale continue d’organiser chaque mois d’août huit à dix jours de festivités avant le 24. Cette année, la mémoire prend une forme simple dimanche 16 août : messe à Sainte-Marguerite, puis dépôt de gerbes et bénédiction de la stèle au square Joseph-Barthélemy. Ensuite viennent le cabaret, le concours de pétanque de Cannes Aérosports Boules, l’après-midi des enfants, les soirées musicales et, le 22 août, une soirée mousse.
La suie appartient désormais au récit ancien. Mercredi soir, ce seront des fleurs qui parcourront l’avenue Francis-Tonner, dans un quartier que les fours de la verrerie ont contribué à faire naître.