
Le tunnel de Tende a rouvert, mais la route n’a pas encore retrouvé ses deux sens. Depuis juin 2025, les véhicules se partagent le seul tube neuf sous alternat. L’appel d’offres publié le 30 juillet par l’Anas ouvre la phase qui doit compléter l’ouvrage : élargir l’ancienne galerie pour affecter ensuite un sens de circulation à chaque tube.
Le marché atteint 120,12 millions d’euros, dans une enveloppe globale annoncée autour de 140 millions. Les entreprises ont jusqu’au 7 septembre pour demander à participer à la procédure. À ce stade, le contrat n’est pas attribué et aucune date de début ou d’achèvement des travaux n’a été rendue publique.
L’ancienne galerie, longue d’environ 3,2 kilomètres, doit être portée à 6,50 mètres de largeur, avec une voie de circulation, une voie d’urgence et des passages reliant les deux tunnels. Après les travaux, elle recevra le trafic allant de la France vers l’Italie. Le tube neuf sera réservé au sens inverse. Cette organisation doit supprimer le face-à-face réglé par les feux et permettre aux secours d’intervenir dans de meilleures conditions.
Le tunnel constitue le passage routier direct vers le Piémont, mais son fonctionnement actuel reste celui d’une liaison provisoire. Du 30 juillet au 13 septembre, il est ouvert chaque jour de 6 heures à 23 heures, avec une circulation alternée par créneaux de quinze minutes. Les véhicules de plus de 3,5 tonnes, les autobus, les vélos, les piétons et les transports de matières dangereuses demeurent exclus. Comme les horaires de passage changent selon les périodes, ils doivent être vérifiés avant le départ.
Le chantier révèle aussi une dépendance peu ordinaire. La route dessert les Alpes-Maritimes, mais le projet est conduit par l’opérateur routier italien Anas. Son projet d’exécution a été validé le 2 juillet par la commission intergouvernementale franco-italienne. Côté français, l’AFIT France a approuvé en mai un avenant de 39 millions d’euros à la convention de financement conclue en 2009. Le chantier est donc piloté par l’Anas, dans un cadre technique et financier partagé entre les deux pays.
Dépenser environ 140 millions pour reprendre une galerie ancienne ressemble à un coûteux rattrapage. C’en est un. Mais s’arrêter au seul tube neuf laisserait durablement la liaison soumise aux feux, privée des véhicules lourds et dépendante d’une unique galerie. L’appel d’offres ne change pas encore les trajets dans la Roya. Il lance la procédure qui doit permettre de les changer, tandis qu’au col de Tende les automobilistes attendent toujours le prochain créneau de passage.