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À Mougins, cinq scarabées japonais déclenchent une enquête de terrain

Après deux captures à Cannes, cinq nouveaux scarabées japonais ont été confirmés à Mougins. Les agents cherchent à distinguer des arrivées fortuites d’une implantation locale.

Scarabée japonais observé près de Mougins

Cinq scarabées japonais ont été capturés depuis le début de juillet dans un même piège à Mougins, à proximité d’un site à risque. Leur identification a été confirmée par le laboratoire national de référence de l’Anses. Après les deux individus trouvés à Cannes le 18 juin, sept scarabées sont désormais confirmés dans les Alpes-Maritimes. Le piégeage a de nouveau été renforcé et des agents de la DRAAF mènent des prospections autour du lieu de capture.

À Cannes, le piège se trouvait près d’un grand axe routier. Les deux premiers insectes pouvaient donc avoir voyagé sur une voiture ou un camion, un comportement qui vaut à l’espèce son surnom d’« auto-stoppeur ». Les prises de Mougins ne prouvent toujours pas qu’une population se reproduit dans le département. Elles obligent toutefois à examiner deux scénarios : plusieurs arrivées fortuites par les transports, ou les premiers indices d’une implantation locale.

De cette distinction dépend la réponse publique. Après une capture, le laboratoire confirme l’espèce, les pièges sont multipliés et relevés plus fréquemment, puis les agents inspectent les végétaux, les prairies et les sols à la recherche d’adultes ou de larves. Ils tentent aussi de remonter le trajet suivi par l’insecte. Une découverte peut ne pas entraîner de zone délimitée si son caractère isolé et l’absence de multiplication sont établis. Elle impose alors une éradication rapide, davantage de pièges et des recherches dans les sols. Si une implantation locale était confirmée, une zone d’éradication devrait être délimitée, avec des traitements, du piégeage et, selon les lieux concernés, des restrictions sur le déplacement de terre ou de déchets végétaux.

Les Alpes-Maritimes disposaient déjà d’un réseau de détection avant les premières prises. Depuis 2021, des pièges sont installés près des routes, voies ferrées, aéroports et établissements recevant d’importants flux de marchandises, ainsi que dans d’autres lieux susceptibles de recevoir des insectes venus d’Italie. Le plan régional de 2026 compte notamment 30 sites de piégeage et d’examen visuel entre Menton et Villeneuve-Loubet. Un second dispositif régional comprend 48 sites choisis selon une analyse de risque. Le plan prévoit aussi des inspections visuelles ciblées sur 286 lieux.

Cette géographie explique pourquoi un insecte nuisible aux vignes, arbres fruitiers, jardins et pelouses est d’abord recherché le long des couloirs de circulation. La protection des cultures commence ici autour des gares, dans les pépinières ou près des terrains engazonnés. L’objectif est de repérer quelques individus avant que leur multiplication ne transforme une opération de surveillance en lutte durable.

Le scarabée japonais mesure moins qu’une pièce d’un centime et se reconnaît notamment aux touffes de soies blanches autour de l’abdomen. Toute observation suspecte peut être signalée à la DRAAF avec une photographie et une localisation précise. À Mougins, les prochaines recherches viseront les adultes attirés par les pièges et d’éventuelles larves cachées dans les sols.

Sources consultées
  1. DRAAF Provence-Alpes-Côte d’AzurNouvelle détection du scarabée japonais Popillia japonica en région PACA
  2. DRAAF Provence-Alpes-Côte d’AzurNouvelles détections du scarabée japonais dans les Alpes-Maritimes
  3. DRAAF Provence-Alpes-Côte d’AzurPrévention et surveillance vis-à-vis du scarabée japonais en 2026
  4. Union européenne, EUR-LexRèglement d’exécution (UE) 2023/1584 concernant Popillia japonica, version consolidée au 24 juillet 2025