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À Saint-Laurent-du-Var, Gemmyo sécurise les mains rares de la joaillerie française

En entrant au capital de Callistorea, Gemmyo sécurise un atelier azuréen où se concentrent des métiers rares de la joaillerie française.

Établi de joaillier azuréen

Le joaillier parisien Gemmyo est entré au capital de Callistorea, atelier de joaillerie azuréen dont l’adresse active se trouve à Saint-Laurent-du-Var. L’opération concerne un atelier de taille modeste, mais elle éclaire une bataille discrète du luxe français : la ressource rare n’est pas seulement la pierre. Ce sont les mains capables de la monter.

Chez Callistorea, un bijou peut passer du dessin à la maquette, puis au montage, au sertissage, au polissage, à la gravure et au contrôle. L’atelier indique compter 25 collaborateurs, dont dix ouvriers joailliers, cinq sertisseurs et trois polisseurs. Cette concentration de métiers n’a rien d’un décor patrimonial. Pour une maison qui vend des pièces personnalisées ou des petites séries, elle raccourcit les allers-retours, limite les reprises et garde la qualité près de l’établi.

Pour Gemmyo, maison née en 2011 avec un modèle de joaillerie personnalisable, fabriquée en France et vendue en ligne puis en boutique, la prise de participation répond à un problème très prosaïque : tenir la promesse du “fabriqué en France” quand la demande augmente. Le partenariat prévoit une ligne de production dédiée chez Callistorea, tout en laissant l’atelier continuer à servir ses autres clients. Le montant de l’opération et la part exacte prise au capital ne sont pas publiés.

La nouveauté n’est donc pas un brevet, ni une machine miracle. Elle tient à l’organisation de la production. Au lieu d’acheter seulement des heures d’atelier, une marque sécurise durablement une partie des savoir-faire qui font ses délais, ses finitions et sa marge. Dans le luxe, ce mouvement n’est plus réservé aux grands groupes : la fabrication devient un morceau de stratégie pour les maisons indépendantes aussi.

Les chiffres de la filière expliquent cette tension. Selon Francéclat, l’horlogerie-bijouterie-joaillerie française a atteint 6,6 milliards d’euros de production en 2025, avec 15 000 personnes dans la production et 11,5 milliards d’euros d’exportations et réexportations. La même année, le secteur a subi l’envolée des métaux précieux : l’or a progressé de 38 % en euros, l’argent de 35 %, le platine de 27 %. Quand les matières coûtent plus cher, les erreurs, les retards et les reprises coûtent davantage.

Le bassin azuréen apporte ici autre chose qu’une adresse. Callistorea met en avant ses liens avec des sous-traitants locaux, deux fondeurs niçois et l’école de joaillerie du lycée Pasteur à Nice. Son certificat Responsible Jewellery Council court jusqu’en juin 2027. L’atelier revendique aussi une fabrication qui associe gestes traditionnels, CAO et impression 3D : de l’œil, de la main, mais aussi de la modélisation et des contrôles.

L’intérêt local tient dans cette discrétion productive. Les Alpes-Maritimes ne sont pas seulement un décor de vitrines, de palaces et de clients fortunés. Elles abritent aussi des ateliers capables de fournir des marques nationales, avec des métiers que l’on ne remplace pas vite. L’entrée de Gemmyo au capital de Callistorea ne transforme pas Saint-Laurent-du-Var en place Vendôme. Elle montre plutôt qu’une partie de la valeur du luxe français se joue dans ces ateliers de taille moyenne, là où la précision doit sortir tous les jours de l’établi.

Sources consultées
  1. Journal du LuxeJoaillerie : Gemmyo entre au capital de l’atelier Callistorea
  2. CallistoreaL’atelier, notre équipe
  3. Responsible Jewellery CouncilCallistorea
  4. FrancéclatLes chiffres clés HBJ 2025
  5. PappersCALLISTOREA 402 583 389