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À Grasse, le patrimoine alimentaire reprend racine dans les jardins

Le Pays de Grasse publie un livre sur ses savoir-faire alimentaires et le prolonge par des ateliers autour des abeilles, de l’olivier et des semences.

Jardin alimentaire du Pays de Grasse

Le Pays de Grasse consacre un livre à son patrimoine alimentaire et culinaire, puis le fait sortir des pages. En 2026 et 2027, l’ouvrage doit servir de point d’appui à des ateliers dans les jardins, les ruchers et les villages de l’agglomération.

Le sujet pourrait vite tourner au petit album de souvenirs. Il prend plus de relief dans les lieux où la communauté d’agglomération veut le faire vivre : le rucher d’Escragnolles, les Jardins du MIP à Mouans-Sartoux, le Jardin Princesse Pauline à Grasse, les jardins familiaux des Canebiers, la Maison de l’alimentation et du développement durable à Saint-Vallier-de-Thiey. Autant d’endroits où l’on ne regarde pas seulement le patrimoine alimentaire : on le touche, on le taille, on le goûte, on le conserve.

L’ouvrage, Le Patrimoine Alimentaire et Culinaire du Pays de Grasse, est annoncé comme un livre de 84 pages, imprimé à 3 000 exemplaires. Il a été construit dans le cadre du Projet alimentaire territorial et avec la direction des affaires culturelles. Le rapport développement durable 2025 de l’agglomération le rattache à un travail plus large : relier alimentation, santé, environnement et savoir-faire méditerranéens.

Les ateliers donnent une idée assez précise de ce que cette transmission veut dire. Le 4 juillet, au rucher d’Escragnolles, une formation doit faire découvrir les abeilles et les produits de la ruche, jusqu’à leur transformation en sucettes au miel, baumes en cire d’abeille ou bees wrap. Le 12 septembre, au Jardin Princesse Pauline, l’olivier sera abordé par ses variétés locales, sa récolte, son huile et ses olives de table. En novembre, à Saint-Vallier-de-Thiey, les légumineuses seront traitées comme nourriture, mais aussi comme alliées des sols.

Cette manière de raconter le pays grassois est intéressante parce qu’elle décale légèrement le regard. Le territoire est mondialement associé aux plantes à parfum. Ici, les plantes reviennent par l’assiette, par les jardins, par les gestes agricoles ordinaires : garder des graines, reconnaître un aromate, comprendre une haie mellifère, entretenir un olivier. Le patrimoine n’est pas présenté comme une vitrine, mais comme une boîte à outils discrète.

Ce mouvement s’inscrit aussi dans un cadre national. Les Projets alimentaires territoriaux cherchent à rapprocher producteurs, collectivités, cantines, habitants et questions de santé. Dans le Pays de Grasse, ce cadre prend une couleur locale : celle d’un territoire où la culture des plantes, la cuisine méditerranéenne, les restanques et les villages du haut pays racontent une même dépendance aux saisons, à l’eau, aux sols et aux gestes transmis.

L’histoire a déjà une scène. Elle tient dans un rucher d’Escragnolles, dans un jardin de Grasse, dans une graine gardée pour l’année suivante.

Sources consultées
  1. Communauté d’Agglomération du Pays de GrasseLe Pays de Grasse célèbre son patrimoine alimentaire : un livre et des animations pour tous
  2. Communauté d’Agglomération du Pays de GrasseGuide RDV Nature CAPG 2026
  3. Communauté d’Agglomération du Pays de GrasseRapport développement durable 2025
  4. Ministère de l’AgricultureTout savoir sur les projets alimentaires territoriaux